Les assureurs français manœuvrent aux Etats-Unis
Axa poursuit sa convalescence outre-Atlantique. Redevenu profitable aux Etats-Unis l’an dernier, l’assureur vient de céder, pour un milliard de dollars, un portefeuille américain de contrats vie de Mony géré en extinction. A l’inverse, son compatriote Scor passe à l’offensive. Selon Reuters, le réassureur est seul en lice face à Reinsurance Group of America (RGA) pour le rachat des activités de réassurance vie américaines de Generali, qui en espère entre 800 millions et un milliard de dollars. Contacté par L’Agefi, Scor n’a pas voulu faire de commentaires.
Les deux favoris se seraient imposés face à une foule de prétendants: Munich Re, Zurich Insurance, Swiss Re, Hannover Re, et plusieurs réassureurs des Bermudes. Generali a retenu Scor et RGA, avec l’espoir de boucler la vente en mai. Si Scor s’impose, il franchira une marche de plus aux Etats-Unis, après le rachat de Transamerica Re en 2011.
La reprise de la réassurance vie américaine de Generali lui permettrait «de passer de la deuxième place, avec 17% de parts de marché, à la première, ex-æquo avec RGA qui a 26% de parts de marché», écrivent les analystes de JPMorgan. Le continent américain pèse 39% de ses revenus 2012 contre 25% en 2007. Avec l’Asie, il constitue le principal relais de croissance de Scor.
L’opération permettrait aussi au groupe français d’atteindre son objectif d’égalité entre primes vie et non-vie. «En 2012, Scor totalisait en brut 4,65 milliards d’euros de primes non-vie et 4,864 milliards de primes vie, et il a indiqué que le non-vie devrait atteindre 5 milliards en 2013 grâce à une hausse de 9% des renouvellements en janvier», explique le courtier.
L’activité américaine de Generali pèse 500 millions de dollars (400 millions d’euros). En y ajoutant les 120 millions liés à la reprise, début mars, d’un portefeuille de l’espagnol BBVA Seguros, le pôle vie de Scor grimperait à 5,4 milliards de dollars en brut.
Pour JPMorgan, Scor pourrait débourser 600 millions d’euros, soit le bas de la fourchette espérée par Generali qui table sur un prix de vente entre 800 millions et un milliard de dollars (609 à 762 millions d’euros). S’il renonce ou est disqualifié, le réassureur pourra se concentrer sur le renforcement de sa solvabilité, chantier prioritaire pour passer d’une note A+ à AA- chez Standard & Poor’s, comme ses grands concurrents Hanover Re, Munich Re et Swiss Re. Il pourrait aussi jeter son dévolu sur d’autres proies: le groupe a annoncé récemment avoir mis sur pied une équipe dédiée aux acquisitions, mais ses critères sont «extrêmement stricts», a assuré son PDG Denis Kessler. Sont notamment passés au crible la rentabilité et la solvabilité.
Chez Generali, la cession du portefeuille américain s’inscrit dans le plan de recentrage engagé l’été dernier par la nouvelle direction de l’assureur italien, qui a aussi mis en vente sa banque privée suisse BSI. Il espère retirer jusqu’à 4 milliards de dollars de la vente de ses actifs non stratégiques.
Parallèlement, il veut continuer à renforcer sa présence sur les marchés émergents, principalement en Europe de l’Est où il a racheté en début d’année l’intégralité de sa coentreprise en République tchèque.
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