Les assureurs européens jouent gros sur le sauvetage de la Grèce
Les effets collatéraux de la crise grecque pourraient faire mal aux assureurs européens. Si l’américain Aflac a annoncé la semaine dernière avoir encaissé une perte avant impôts de 610 millions de dollars au deuxième trimestre de son exercice du fait de son exposition aux marchés grec, portugais et irlandais d’environ 2,6 milliards de dollars, les assureurs américains restent globalement peu exposés à la crise de la dette souveraine européenne, selon Deutsche Bank.
Ce qui n’est pas le cas des assureurs européens, selon le Wall Street Journal qui révèle que les assureurs de la zone euro les plus exposés sont le belge Ageas, ex-Fortis Holding, suivi de l’allemand Allianz, l’italien Generali et le français Groupama. Au 31 mars dernier, Ageas était assis sur un portefeuille d’obligations souveraines grecques de 1,2 milliard d’euros, auxquels s’ajoutent 1,6 milliard d’obligations espagnoles, 1,2 milliard d’obligations portugaises, 445 millions d’obligations irlandaises et 3,6 milliards d’obligations italiennes. L’exposition totale d’Ageas aux périphériques de 8 milliards, qui ne comprend pas la dette émise par les collectivités locales de ces pays, dépasse la valeur totale de ses actions de 7,4 milliards. «Il s’agit probablement de la compagnie d’assurance la plus exposée en Europe» estime Philippe Picagne, analyste chez CreditSights.
Dans ce contexte, il n’est pas étonnant que l’assureur belge ait pris part mercredi dernier, avec Dexia, aux négociations des banques et assureurs concernant un éventuel «rollover» volontaire de la dette grecque. «Les assureurs européens ont tous investi dans les pays de la zone» indique Bart De Smet au Wall Street Journal. Et de préciser que la plupart de ses concurrents ne font pas preuve de la même transparence, en excluant une partie de leurs détentions d’obligations souveraines.
Avec 9 milliards d’euros, les assureurs français détiendraient le plus gros portefeuille d’obligations grecques. L’exposition de l’Italie et de l’Allemagne serait nettement plus limitée à respectivement 4 milliards et 3,5 milliards d’euros, selon Barclays Capital. L’exposition totale des compagnies d’assurance de la zone, qui se monte à 24,1 milliards d’euros selon Barclays Capital, reste néanmoins bien inférieure à celle des banques européennes qui détiennent 47,8 milliards d’euros d’obligations souveraines grecques en portefeuille.
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