Les assureurs devraient être partiellement protégés au Japon
Alors que la menace nucléaire est dans tous les esprits, les estimations du coût financier du séisme japonais pour les secteurs de l’assurance et de la réassurance laissent à penser qu’il sera important, en plus du drame humain.
Selon les estimations d’AIR Worldwide publiées dimanche, les dégâts matériels assurés pourraient coûter entre 1.200 et 2.800 milliards de yens (de 15 à 35 milliards de dollars) pour le seul séisme. Un montant proche de celui de l’ouragan Katrina en 2005, le sinistre le plus coûteux de l’histoire (44 milliards), et équivalent aux 36 milliards versés pour l’ensemble de l’année 2010. L’addition risque encore de gonfler puisque ce calcul ne prend pas en compte les effets du tsunami, ni ceux des incidents nucléaires.
Si, selon les analystes de Tullett Prebon, «Lloyd’s of London pourrait être fortement exposé en raison de son expansion récente sur le marché japonais et de sa spécialisation dans l’assurance du risque nucléaire», Swiss Re rappelle que «la couverture de centrales nucléaires au Japon exclut généralement le séisme et le tsunami». «Le secteur des assurances au Japon est très important. Néanmoins, seulement 14%-17% des propriétaires ont un contrat qui inclut l’assurance contre un tremblement de terre», ajoute Tullett Prebon.
Les pertes sur l’habitat devraient en outre se concentrer autour des assureurs japonais. «Les risques résidentiels liés aux séismes sont couverts par un programme de réassurance gouvernemental, contrairement aux risques commerciaux», ajoute l’agence de notation Moody’s.
Sur ce dernier point, les interruptions d’activité, très liées aux infrastructures, pourraient en revanche peser plus lourd. C’est notamment l’avis des analystes de Raymond James, qui chiffrent à 2 milliards d’euros le coût maximal pour Munich Re. L’américain AIG, premier étranger dans l’assurance aux biens dans l’Archipel, souffrait particulièrement en bourse hier. Le réassureur français Scor estime lui que «ses pertes totales en non-vie, nettes des protections proportionnelles et non proportionnelles, ne dépasseront pas 185 millions d’euros avant impôts».
«L’accumulation de catastrophes naturelles en ce début d’année pèsera inévitablement sur les comptes des réassureurs. En revanche, ces derniers auront l’opportunité de présenter des hausses de prix lors des prochains renouvellements de tarifs», rappelait hier Louis Capital Markets.
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