Les algorithmes de trading sont au cœur des nouvelles enquêtes sur le change
Le scandale de la manipulation du marché des changes (forex) pourrait prochainement aboutir à de nouvelles amendes. Deutsche Bank et Barclays, qui ne faisaient pas partie du groupe de six banques sanctionnées mi-novembre par l’OCC et la CFTC américains ainsi que la FCA britannique à 3,5 milliards d’euros de pénalités, auraient en effet été convaincues par le régulateur bancaire de l’Etat de New York d’usage frauduleux d’algorithmes, selon des sources relayées par Bloomberg.
Le patron du Department of Financial Services (DFS) de New York, Benjamin Lawsky, enquête actuellement sur une douzaine d’établissements. Etant donné l’importance sur le marché des changes de Deutsche Bank et Barclays, respectivement numéros un et trois mondiaux du secteur, Benjamin Lawsky avait demandé durement l’été l’installation d’un moniteur chez les deux banques. Selon les premiers éléments, Deutsche Bank et Barclays auraient intégré dans leur plate-forme de trading ces algorithmes biaisés, qui pourraient avoir agi de concert pour manipuler le marché.
Toujours en cours, l’enquête révèlerait ainsi une nouvelle dimension du scandale du forex. Pour l’heure, les précédentes amendes avaient sanctionné des collusions «humaines». Certains traders conversaient sur des messageries instantanées et partageaient notamment des données confidentielles de leurs clients afin d’influencer en leur faveur les fixings quotidiens.
Contrairement au scandale de manipulation du Libor, apparu fin 2012 et qui a occasionné une réponse plus morcelée et lente des autorités, les régulateurs ont pris à bras le corps l’affaire des manipulations du forex. Barclays, qui était concernée par l’enquête de la FCA et de la CFTC, a ainsi décidé mi-novembre de ne pas transiger avec les régulateurs, «afin de conclure un accord plus global».
Outre l’enquête du DFS, la Fed, le ministère de la justice américain et le régulateur hongkongais poursuivent leurs investigations. Deutsche Bank avait de son côté provisionné 894 millions d’euros au troisième trimestre pour frais de litiges, tous secteurs confondus. Les établissements en première ligne sur le dossier du forex ont mis plus de 5 milliards d’euros de côté ces dernières semaines.
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