Les actionnaires salariés des banques françaises font grise mine
Les actionnaires salariés des banques françaises cotées peuvent déchanter. Alors qu’ils bénéficient d’une décote de 20% lors des augmentations de capital qui leur sont réservées, les cours des actions qu’ils détiennent sont désormais très loin des niveaux auxquels ils les ont achetées.
Si la crise financière de 2008 avait déjà fait fondre leurs placements, la débâcle boursière initiée pendant l’été sur fond de crise de la dette et d’inquiétudes particulièrement fortes sur la santé des banques les a réduits à peau de chagrin. De 30% à 54% de moins-value latente pour les mieux lotis, à savoir les salariés n’ayant souscrit qu’aux opérations les plus récentes, en 2011 pour BNP Paribas et la Société Générale et 2010 pour le Crédit Agricole. Mais en remontant à 2007, où les prix offerts, comme les cours des actions, étaient très élevés, la chute est encore plus vertigineuse. Pas moins de 84% de perte latente pour les salariés de la Société Générale qui avaient cru bon d’acheter des titres à…108,90 euros.
«Le personnel a été consterné que le marché ait cru les rumeurs de faillite qui ont circulé cet été, regrette Patrice Leclerc, président de l’Association des salariés actionnaires de la Société Générale. C’est l’effet à long terme de l’affaire Kerviel et de la crise financière qui affecte la crédibilité et la réputation de la banque».
Le Crédit Agricole a quant à lui eu la bonne idée de faire machine arrière cet été après avoir lancé son offre du 21 juin au 4 juillet. La banque verte, qui proposait ses titres à 8,24 euros, a repoussé au 5 octobre leur livraison : les souscripteurs souhaitant se rétracter ont jusqu'à aujourd’hui pour le faire. Le titre CASA est en effet tombé à 5,40 euros vendredi, soit 35% sous le prix offert.
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