L’Erafp fixe ses priorités de vote aux assemblées générales de 2013

L’investisseur institutionnel entend appuyer la féminisation des conseils d’administration et veut des reportings sur les activités dans les paradis fiscaux
Patrick Aussannaire

L’Erafp souhaite insuffler un vent nouveau dans les préoccupations des actionnaires. Dans le cadre de sa politique d’engagement actionnarial adoptée en mars 2012, l’Etablissement de retraite additionnelle de la fonction publique entend promouvoir des grands principes d’équité et de transparence, lors de la campagne 2013 d’assemblées générales (AG) d’actionnaires. «Ces lignes directrices qui serviront de guide aux délégataires externes de l’Erafp, ont été mises en œuvre dans un souci de responsabilité fiduciaire envers les 4,6 millions de fonctionnaires bénéficiaires du régime», explique le communiqué.

Parmi les nouvelles priorités ciblées par le fonds de pension public français créé en 2003 pour gérer le régime de retraite de 4,3 millions de fonctionnaires, figure la réalisation d’un reporting financier par pays d’implantation des groupes multinationaux afin d’en rendre possible l’examen et de limiter les pratiques d'évasion fiscale. «Sur ce sujet, l’Erafp se concentrera dans un premier temps sur les entreprises du secteur financier dans lequel l’enjeu de la transparence financière est particulièrement important».

L’investisseur compte également appuyer la féminisation des conseils d’administration. «L’Erafp ne soutiendra aucune proposition de nomination d’administrateurs qui ferait régresser le taux de féminisation d’un conseil d’administration». Le groupe recommande ainsi un vote négatif si les propositions faites en AG ne vont pas dans le sens des seuils fixés par la loi à 20% pour 2014 et 40% en 2017 en France, et ceux fixés par la commissaire européenne à la Justice Viviane Reding, à 30% de femmes d’ici 2015 et 40% d’ici 2020, pour les entreprises du continent.

Autre sujet chaud: la rémunération des dirigeants. «L’Erafp confirme son souci que ces rémunérations soient en cohérence avec la stratégie et la performance de l’entreprise sur le long terme». L’investisseur institutionnel se prononce en faveur d’une rémunération globale annuelle des dirigeants n’excédant pas 100 fois le salaire minimum du pays de son siège social, et se montre défavorables aux indemnités de départ ainsi qu’aux «parachutes dorés» dans le cas d’un départ non contraint. En outre, l’Erafp souhaite l’intégration de critères sociaux et environnementaux dans l’évaluation de la performance des dirigeants déterminant leur rémunération variable.

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