L’emblématique patron du Crédit Mutuel réaffirme l’unité du groupe
Le groupe Crédit Mutuel affiche sa solidité et son unité. En tous cas au niveau de la Confédération nationale du Crédit Mutuel, organe central au siège duquel le président Michel Lucas présentait ses résultats annuels mercredi, insistant sur «l’ensemble» que représente l’arrêté des comptes publié. Le patron historique rappelle qu’il a quitté une partie de ses fonctions parce qu’il partait à la retraite, et qu’il a attendu fin 2014 pour le faire, afin de mener la banque aux stress tests de la Banque centrale européenne (BCE) dont le groupe est sorti meilleur élève.
«Il y a un problème d’organisation», concède Michel Lucas, alors que le Crédit Mutuel Arkea a saisi en octobre dernier l’Autorité de la concurrence et l’Autorité de contrôle prudentiel dans l’idée de prendre plus d’indépendance et de voir se créer deux têtes de réseaux. «Ils veulent garder la marque Crédit Mutuel, or la marque Crédit Mutuel est attachée à la Fédération», assure son président. Le dialogue semble à ce jour inexistant entre les parties prenantes.
«Je suis assez confiant car il y a des lois », assène Michel Lucas, alors que l’Autorité de la concurrence devrait mettre un ou deux ans à examiner la requête d’Arkéa. L’organe central fait surtout valoir que la BCE doit donner son accord à tout changement de périmètre du groupe. «La structure de la maison changera si la BCE change la juridiction des banques. Or le problème numéro un de la BCE, c’est la solidarité», insiste le président. Dans son bureau du siège, se côtoient sur un même mur un tableau d’une plage en Bretagne et une peinture de la cathédrale de Strasbourg. Un symbole selon lui de l’unité du groupe qu’il a largement contribué à façonner depuis 44 ans.
Le Crédit Mutuel a publié mercredi un produit net bancaire en hausse de 1,4% sur un an, à 15,41 milliards d’euros. La banque a réalisé un résultat net part du groupe de 2,95 milliards d’euros, en hausse de 11,5%. Elle a vu son coût du risque fortement baisser l’année dernière, de 23%. Le groupe atteint un ratio common equity tier one (CET1) de 15,5 %, en progression de 1,5 point sur un an.
Satisfait d’avoir bouclé «la meilleure année du Crédit Mutuel», Alain Fradin, son directeur général, est plus inquiet pour la suite. La contribution au fonds de résolution pourrait faire baisser le résultat de plusieurs points, selon lui.
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