L’eau fait déborder la coupe des actifs échoués dans les institutions financières
Ça coule de source. Si l’eau est essentielle à la vie humaine, elle l’est aussi pour la vie économique, à tel point que le marché mondial de l’eau, qui vaut 283 milliards de dollars en 2021 (267 milliards d’euros), devrait atteindre les 500 milliards de dollars d’ici 2028, selon le fournisseur de données allemand Statista. Surtout, dans un contexte où l’adéquation entre l’offre et la demande d’eau de bonne qualité est de plus en plus distordue pour les entreprises, les Nations unies prévoient une pénurie mondiale de 40% de l’approvisionnement en eau d’ici à 2030. Or, selon un rapport publié ce jeudi par le CDP et Planet Tracker, « les institutions financières sont exposées à des risques importants posés par l’épuisement et la contamination des réserves d’eau ».
Les deux ONG ont analysé les facteurs de risques liés à l’eau pour les entreprises. Ils peuvent être de l’ordre physique, réglementaire, réputationnel ou technologique. « Pour 68% des 1.112 entreprises cotées en Bourse qui publient des informations sur l’eau par l’intermédiaire du CDP, ces facteurs se manifestent d’une manière qui pourrait avoir un impact important sur leurs activités. L’impact financier potentiel maximal a été estimé à 225 milliards de dollars américains tandis que le coût de la réponse était de 119 milliards », estiment-elles dans le rapport. Les ONG affirment que des actifs d’une valeur de 13,5 milliards de dollars sont bloqués dans les secteurs du pétrole et du gaz, des services publics d'électricité, du charbon et des mines et métaux, avec une perte potentielle de 2 milliards de dollars.
Pour les institutions financières qui financent ou assurent ces entreprises, cela représente autant d’actifs qui pourraient «s'échouer». Donc subir des dépréciations, des dévaluations ou des conversions en passifs imprévus ou prématurés dans le cadre du risque de transition. Pour autant, 33% des institutions financières cotées en Bourse n'évaluaient pas l’exposition de leurs activités financières aux risques liés à l’eau en 2021, rapportent le CDP et Planet Tracker, « suggérant que de nombreuses institutions financières sous-estiment peut-être leur exposition et, de ce fait, allouent trop de capitaux aux activités à haut risque », détaille le rapport.
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