Le superviseur financier américain dresse sa cartographie des risques
C’est désormais un rituel. Le Financial Stability and Oversight Council (FSOC), créé en 2010 par la loi Dodd-Frank aux Etats-Unis dans le sillage de la crise pour identifier les risques du système financier, a rendu la semaine dernière son rapport annuel. L’innovation financière et le développement de la finance parallèle (shadow banking) y tiennent une bonne place.
Comme en 2013, le superviseur montre du doigt la taille du marché du repo «tri-partite», compensé outre-Atlantique par deux établissements, JPMorgan et BNY Mellon. Ce marché du financement à court terme reste exposé au risque de liquidations forcées (fire sales). Les portefeuilles de repo des plus grands brokers-dealers oscillent entre 100 et 150 milliards de dollars chacun, tandis que les fonds monétaires et les prêteurs de titres constituent la moitié de la base d’investisseurs.
Le FSOC, tout en saluant le principe de l’innovation financière, pointe aussi ses projecteurs sur le développement de nouvelles pratiques. A commencer par la croissance des sociétés de gestion de prêts hypothécaires qui n’ont pas le statut de banque. Ces «mortgage servicers», à qui les prêteurs ont délégué le soin de collecter les remboursements de leurs crédits immobiliers, ne sont donc pas soumis à des contraintes prudentielles. En les mentionnant dans son rapport, le superviseur n’a pas émis de recommandation particulière, mais il prévient ces acteurs qu’ils pourraient un jour être considérés comme des institutions systémiques s’ils devenaient trop gros.
Parmi les autres développements, le superviseur relève l’intérêt des investisseurs pour le marché locatif, qui a poussé Blackstone à lancer fin 2013 la première titrisation de loyers de maisons individuelles –une initiative discutée. Le transfert des risques de longévité des fonds de pension vers les assureurs, qui «a le potentiel pour apporter des avantages significatifs» aux deux parties, est à double tranchant pour l’industrie de l’assurance. Enfin, le FSOC souligne que, sur le marché monétaire, les banques multiplient les émissions incluant des options de rachats anticipés à 30 jours ou plus avant la maturité des titres, afin de contourner les contraintes de leurs ratios de liquidité.
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