Le superviseur demande aux banques françaises d’améliorer leur rentabilité
Dans son rapport sur la situation des grands groupes bancaires français en 2012, l’Autorité de contrôle prudentiel (ACP) constate sans surprise que ces dernières ont subi la baisse de leurs marges, à l’instar de leurs homologues européennes, réduit leurs besoins de financement et continué à renforcer leurs fonds propres de base.
L’ACP s’inquiète toutefois de la progression de leur coefficient d’exploitation (qui rapporte les frais de fonctionnement au PNB) : «Les charges ont baissé de 1% entre 2011 et 2012, mais leur maîtrise n’a pas été suffisante pour compenser la contraction des revenus. Le coefficient moyen s’établit ainsi à 69,3% avant exceptionnels, soit une augmentation de 4,6 points par rapport à 2011».
Si ce niveau s’explique par la faiblesse des marges d’intérêt, la réforme du crédit à la consommation et les restrictions sur certaines commissions – qui constituaient des revenus importants – ont également pesé sur les revenus. «De nouveaux efforts doivent être accomplis par les banques pour améliorer leur coefficient d’exploitation», recommande l’ACP, prenant acte des actions entamées début 2013.
Le superviseur prévient également que la baisse de 28,6% du coût du risque en 2012 (à 16,1 milliards d’euros, soit 0,23% du bilan) n’est qu’apparente. Elle «résulte d’une base de comparaison élevée en 2011, due à l’enregistrement des dépréciations sur titres grecs. En neutralisant cet événement, le coût du risque augmente en fait légèrement (+2%)».
En outre, l’ACP note une montée du risque opérationnel, tant en banque de détail (notamment au premier trimestre), qu’en banque de financement et d’investissement (BFI), où il est passé de 0,63% en mars 2011 à 1,59% fin 2012. L’Autorité note que le montant des incidents d’exécution, de livraison et de gestion des processus a progressé de 18% entre décembre 2011 et décembre 2012.
Le rapport met également en lumière des tendances moins connues. Le rééquilibrage des métiers au détriment de la BFI a profité aux activités d’assurance. Elles occupent une part de moins en moins anecdotique dans les revenus des groupes bancaires: selon l’ACP, elle représente 6,2% du PNB des quatre des six acteurs considérés dans le rapport (BNP Paribas, Crédit Agricole, Société Générale et Crédit Mutuel), contre 4,4% en 2009. Après une année 2011 difficile en raison de la crise grecque, la part de l’assurance dans le résultat d’exploitation a doublé, pour établir un nouveau record de 20,5%.
Plus d'articles du même thème
-
Pour trouver l'exposition des entreprises au pétrole, cherchez leurs émissions de CO2
La flambée du cours de l'or noir ne pénalise pas toutes les entreprises de la même manière. Dans cette tribune, Vincent Auriac, président d'Axylia, suggère de s'intéresser à leurs émissions carbone pour trouver leur dépendance au pétrole. -
«Nous ne voyons pas d’effets de second tour susceptibles de justifier des hausses de taux»
Christopher Dembik, conseiller en stratégie d'investissement chez Pictet AM. -
Roundhill met au point un ETF pour protéger les portefeuilles face à l’IA
Le fonds, à gestion passive, réplique l’indice Akros U.S. Heavy Assets Low Obsolescence, sélectionnant 100 sociétés américaines à forts actifs physiques
ETF à la Une
Franklin Templeton dévoile quatre ETF sectoriels américains
- BPCE, Crédit Agricole SA et le Crédit Mutuel comptent 161 banquiers millionnaires
- Atos joue gros avec un refinancement à 1,25 milliard d’euros
- BofA clame sa prudence sur Renault et Stellantis
- Eric Larchevêque fait machine arrière sur son projet de «bitcoin treasury company»
- Wero pousse les feux sur son application
Contenu de nos partenaires
-
Printemps franco-algérienDZ mafia, coopération judiciaire et Christophe Gleizes au programme de la visite de Gérald Darmanin à Alger
Le garde des Sceaux entend « revenir avec des informations et des noms » de profils dangereux du narcotrafic qui se sont mis à l'abri en Algérie -
Ezzedine al-Haddad, chef de la branche armée du Hamas, a été tué lors d’une frappe israélienne
Samedi 16 mai, Israël a indiqué avoir tué, vendredi, par une frappe ciblée, Ezzedine al-Haddad, chef de la branche armée du Hamas et l’un des responsables de l'attaque du 7-Octobre -
L’Iran affirme discuter avec des pays européens pour franchir le détroit d’Ormuz
« Des [pays] Européens ont entamé des négociations avec la marine des gardiens de la révolution » pour traverser le passage, a indiqué la télévision d’État iranienne. Les noms des pays concernés n’a pas été précisé et, pour l’heure, aucun pays européen n’a confirmé cette déclaration de Téhéran