Le spectre des subprimes revient hanter les banques internationales
Les subprimes se rappellent au bon souvenir des banques. La Federal Housing Finance Agency (FHFA), chargée de superviser les actifs hypothécaires détenus notamment par Fannie Mae et Freddie Mac, a engagé vendredi des poursuites à l’encontre de dix-sept grandes banques internationales pour avoir présenté de manière fallacieuse la qualité des crédits hypothécaires qu’elles ont packagés et vendus sous forme de produits dérivés dans les années de bulle immobilière. 196 milliards de dollars de titres cédés sur quatre ans aux agences de refinancement hypothécaire sont concernés par cette procédure.
Parmi les établissements visés figurent Bank of America (BoA), JPMorgan, Goldman Sachs ou encore Deutsche Bank. La FHFA avait jeté les premiers jalons de cette procédure en engageant des poursuites contre UBS en juillet, lui réclamant 900 millions de dollars concernant la vente de 16 titres de créances hypothécaires (mortgage-backed securities) à Fannie Mae et Freddie Mac entre fin 2005 et mi-2007.
Le directeur de la FHFA avait indiqué la semaine dernière que «l’affaire aurait des suites». Fannie Mae et Freddie Mac ont déjà récupéré environ 18 milliards de dollars depuis début 2010, mais conservaient fin juillet respectivement 78 et 149 milliards de titres non garantis par le Trésor américain. En juin, Bank of America avait accepté de payer 8,5 milliards pour solder ses comptes avec les investisseurs lésés.
Par ailleurs, la Fed a engagé jeudi soir une action contre Goldman Sachs pour un ensemble de «fautes et de négligences» dans des dossiers hypothécaires et dans le traitement des saisies de logements de son ancienne filiale Litton Loan Servicing. La banque a accepté de payer des pénalités et d’annuler pour 53 millions de prêts hypothécaires pour obtenir le droit de vendre Litton Loan.
BoA est la plus exposée via Countrywide Financial et Merrill Lynch avec 57,4 milliards de dollars de titres de dette. Dans un communiqué, la banque américaine a contre-attaqué, soulignant que Fannie Mae et Freddie Mac, qui lui ont acheté au total 189 milliards de dollars de titres hypothécaires non garantis par l’Etat, «avaient continué à investir lourdement dans ces titres même après que leur régulateur leur a signalé qu’ils n’avaient pas les compétences en matière de gestion de risque pour agir ainsi».
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