Le secteur technologique souffre aussi de la mutation numérique
Le nouveau projet de suppressions de postes annoncé mercredi soir par Cisco Systems confirme un mouvement déjà perceptible depuis plusieurs mois. Le développement des solutions d’informatique dématérialisées et décentralisées se fait au détriment de l’emploi.
Touché par ce phénomène, Cisco prévoit ainsi de réduire ses effectifs de 5.500 postes. Numéro un mondial des équipements de réseaux de données, le groupe réoriente sa stratégie vers les services, un domaine qui génère de meilleures marges que le matériel et assure des revenus récurrents, «avec moins de personnel dans la base de coûts», note Roger Kay, analyste d’Endpoint Technologies Associates.
D’importants dommages collatéraux
Ce nouveau plan de départs pour le fabricant de routeurs tombe après l’annonce en avril par Intel de ses suppressions de postes, jusqu'à 12.000 emplois à travers le monde. En janvier, Dell avait supprimé 10.000 emplois et il devrait encore réduire ses effectifs une fois bouclé le rachat du spécialiste du stockage de données EMC. Depuis le début de l’année, les entreprises américaines de haute technologie ont éliminé au total 63.000 postes, selon une étude du cabinet de reclassement Challenger, Gray & Christmas.
«Le secteur de la high-tech traverse une période de déconstruction importante», résume auprès de Reuters Trip Chowdhry, analyste de Global Equities Research. L’usage croissant des services de «cloud» fournis par des sociétés comme Amazon, Google ou Microsoft, qui permettent de gérer à distance et de manière globale équipements, logiciels, réseaux et bases de données, rend obsolètes les services spécialisés des clients. Microsoft lui-même, qui a fait du cloud sa priorité, aura supprimé 4.700 postes en une année.
«Les acteurs historiques de la haute technologie souffrent tous des effets du changement», explique Glenn O’Donnell, du cabinet Forrester Research, qui dit s’attendre «à beaucoup de dommages collatéraux».
En janvier dernier, Global Equities Research estimait à 330.000 le nombre de postes menacés dans le secteur cette année. Depuis, cette évaluation a été portée à 370.000.
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