Le secteur financier suisse se prépare à de nouvelles restructurations

Selon une étude d’Ernst & Young, le contexte réglementaire et concurrentiel pousse à envisager de nouvelles réductions des dépenses
Antoine Landrot

Les bouleversements qui affectent la finance suisse depuis la crise de 2008 l’encouragent à tailler radicalement dans ses dépenses. Les entreprises du secteur ont clairement manifesté de telles intentions auprès d’Ernst &Young, qui a publié le 31 mai une enquête sur le sujet après avoir interrogé 23 banques et 10 compagnies d’assurances.

Depuis 2008, ces dernières subissent de lourdes contraintes: les pertes provoquées par la crise financière de 2008, les exigences réglementaires suisses et internationales, ainsi que les pressions internationales en faveur de la transparence fiscale (qui menacent les banques privées locales). En conséquence, 94% des banques et 75% des compagnies d’assurances ont déjà pris des mesures pour réduire leurs coûts au cours de ces deux dernières années, rappelle le cabinet de conseil.

Pourtant, elles ne devraient pas s’arrêter là pour les années à venir: en effet, 48% des institutions financières interrogées par Ernst & Young indiquent des objectifs d’économies futures compris entre 5% et 10% sur les coûts opérationnels. Plus inquiétant pour les salariés du secteur, 40% des répondants se sont fixé des objectifs situés entre 10% et 20%. Quatre pourcents souhaitent aller encore au-delà.

«Ces chiffres témoignent clairement du fait que nous sommes sur le point d’assister à une nouvelle transformation de l’industrie financière. Une reprise économique passagère ne suffira pas à interrompre cette évolution. Le secteur traverse un changement radical», écrit Bernhard Böttinger, responsable de l’amélioration de la performance pour Ernst & Young. Plus pour les banques (73%) que pour les assureurs (50%), le changement est clairement conduit par les nouvelles réglementations. Le rapport aux clients (conquête comme fidélisation) est une préoccupation commune.

Dans ce contexte, les sondés font apparaître les sources d’économies qui restent à réaliser: notamment par la suppression de doublons dans l’organisation et les fonctions (67% des assureurs et 50% des banques), l’amélioration des processus (56% chacun) et la simplification du système d’information (56% et 50%). En revanche, la réduction des dépenses de personnel préoccupe bien plus les banques (50%) que les assureurs (22%). De mauvais augure pour le secteur bancaire suisse, alors que les seuls UBS et Credit Suisse ont déjà annoncé 3.500 suppressions de postes chacun depuis l’année dernière.

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