Le secteur de la réassurance prévoit une stabilité des prix en 2012
Après plusieurs années de baisse, les prix des contrats de réassurance devraient rester globalement stables en 2012, selon bon nombre de professionnels du secteur réunis cette semaine à Baden Baden pour négocier les renouvellements de janvier. «Nous prévoyons une stabilisation générale des prix, assortie d’un durcissement des marchés dans un certain nombre de segments», a déclaré Ludger Arnoldussen, membre du directoire de Munich Re. Les segments évoqués sont les zones géographiques ayant subi le plus de catastrophes naturelles cette année, comme le Japon, la Nouvelle-Zélande ou encore l’Australie. Pour ces pays, la hausse devrait être toutefois limitée, les réassureurs ayant déjà procédé à des augmentations lors des renouvellements de juillet. Evoquant sa filiale allemande, Hannover Re a également dit s’attendre à une stabilité des prix l’an prochain.
Avec un record de 70 milliards de dollars de dégâts assurés enregistrés au premier semestre, les réassureurs ont connu un début d’année difficile mais ont pourtant bien résisté, ce qui leur vaut une perspective stable de la part des agences de notation. «Les capacités des réassureurs se portent bien, et donc les prix dans les zones non affectées par des pertes devraient rester stables lors des renouvellements de janvier 2012», avance le courtier en réassurance Guy Carpenter.
La faiblesse actuelle des taux, qui réduit le rendement des actifs, ne pourra même pas servir d’argument pour augmenter les prix au prétexte d’un besoin d’améliorer les résultats techniques. Selon le courtier Aon Benfield, «le capital des réassureurs va plus que probablement terminer l’année à un niveau plus élevé que les 470 milliards de dollars du début de l’année», ce qui induit une surcapacité du secteur par rapport à la demande.
En dépit de l’accumulation des catastrophes naturelles, les deux courtiers affirment que les réclamations n’ont pas assez augmenté cette année pour justifier une hausse des tarifs. «Nous pensons qu’avec des négociations subtiles et de la finesse, et en l’absence d’un événement majeur, l’équilibre des prix ajustés aux risques devrait peu changer pour la plupart», assure Guy Carpenter.
Et le séisme survenu récemment en Turquie ne devrait pas changer la donne. «Historiquement, les séismes dans cette partie de la Turquie ont été davantage problématiques en termes humanitaires que pour le secteur de l’assurance», rappelle Ludger Arnoldussen.
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