Le secteur bancaire italien est miné par les dépréciations de survaleurs
Si les banques françaises avaient leur exposition à la dette publique grecque, les établissements italiens ont fait les frais des dépréciations de survaleurs. Dernière grande banque à publier ses résultats 2011, Monte dei Paschi di Siena (Monte Paschi, ou MPS) a passé dans ses comptes 4,51 milliards d’euros de dépréciations, dont 4,25 milliards pour survaleurs. Comme ses concurrentes, il s’agit, pour le troisième prêteur sur le marché transalpin, d’assainir sa situation financière pour l’année 2012, où d’importantes échéances réglementaires attendent le secteur en Europe. Parallèlement, Monte Paschi mène un vaste plan de restructuration.
Les banques italiennes payent leur politique de consolidation, jugée nécessaire pour moderniser le secteur mais menée au prix fort, juste avant la crise financière de 2008. En 2007, le groupe toscan avait acquis Antonveneta pour 9 milliards d’euros payés en numéraire. Un prix considéré déjà élevé à l’époque. Plus tôt dans l’année, Intesa avait quant à elle acquis Sanpaolo IMI; au total, ses acquisitions lui ont coûté 10,2 milliards d’euros de dépréciations de survaleurs fin 2011. Unicredit, dont les dépréciations passées dans les comptes au troisième trimestre 2011 représentent 8,7 milliards d’euros, avait fusionné avec le bavarois HVB en 2005. Seule Mediobanca n’a pas souffert de dépréciations de goodwill.
Pour Monte Paschi, les conséquences ont été mécaniquement violentes: l'établissement a affiché une perte nette de 4,7 milliards d’euros en 2011, plus du double de ce qu’anticipaient les analystes répertoriés par Reuters. Le plus inquiétant est que les éléments exceptionnels déjà évoqués ne sont pas seuls en cause.
Les revenus de commissions ont en effet fortement chuté: -6% au quatrième trimestre (à 1,8 milliard d’euros) et -10,4% au trimestre précédent. Ses revenus d’intérêts ont eux reculé de 2,4% en 2011, à 3,5 milliards d’euros. Ces éléments n’ont fait qu’accroître la mauvaise humeur des investisseurs à l’égard du titre, alors qu’ils considéraient déjà Monte Paschi comme l’une des banques vulnérables en Europe: elle doit en effet trouver 3,3 milliards d’euros d’ici au mois de juin pour satisfaire aux exigences en fonds propres du régulateur européen. L’action a chuté de 11%, terminant la séance à 0,32 euro.
Plus d'articles du même thème
-
La région Ile-de-France retient Atos pour optimiser sa gestion financière
La brique technologique du géant des services numériques servira à l'accompagnement de près de 5,8 milliards d’euros de budget annuel géré par la région. -
L’Ile-de-France confirme son poids dans les investissements nationaux en technologie propre
Les investissements français dans les technologies propres reculent de 25 % au premier semestre 2026. Les priorités sont redéfinies entre guerre en Ukraine et en Iran et enjeux de souveraineté, estime un rapport de France Invest, GreenUnivers et EY. -
Un groupe de réflexion canadien préconise que les fonds de pension nationaux investissent 3% de leurs encours dans le pays
Dans son dernier rapport, le think tank Canadian Shield Institute explique comment les investissements des fonds de pensions du Canada pourraient contribuer davantage à la croissance économique du pays.
ETF à la Une
Les secrets de la performance record d'un ETF sur le fret maritime
Contenu de nos partenaires
-
Idée reçueNon, les fonctionnaires n'ont pas perdu de pouvoir d'achat entre 2012 et 2024
Un rapport de la Cour des comptes rappelle que la rémunération des fonctionnaires ne dépend pas uniquement de l'évolution du point d'indice. Et estime qu'une maîtrise de la masse salariale sera nécessaire pour redresser les finances publiques dans les années à venir -
La Fabrique de l'OpinionStéphane Boujnah, patron d'Euronext : « La France est touchée par les sept fléaux de l'apocalypse »
Patron d'Euronext, Stéphane Boujnah dresse un diagnostic sans concession de la dette française. Celle-ci a encore progressé au deuxième trimestre, atteignant 3 595,5 milliards d'euros, soit 119% du PIB. Mais le redressement est possible, estime l'ex-conseiller de Bercy sous Dominique Strauss-Kahn, à condition de le choisir plutôt que de le subir, et de se rassembler. -
#DigitalCitizenL'IA et affaire Thélyson Orélien : je est un autre - par David Lacombled
Le recours aux solutions d’intelligence artificielle générative est si massif que tout écrit devient suspect