Le secteur bancaire grec engage une course contre la montre
Le temps est compté pour le secteur bancaire grec. Fermées depuis le 29 juin et soumises à un contrôle des capitaux, les banques grecques pourraient avoir besoin d’une injection de cash dès aujourd’hui pour faire face aux demandes de retraits (plafonnées à 60 euros) aux distributeurs. «Le matelas de liquidités dont nous disposons est d’environ un milliard, a reconnu vendredi Louka Katseli, la présidente de la Fédération bancaire grecque. Les liquidités sont assurées jusqu'à lundi et ensuite, cela dépendra de la décision de la BCE.»
La nette victoire du «non» au référendum accroît désormais le risque de difficultés supplémentaires pouvant conduire le secteur à la catastrophe. La ligne de liquidité d’urgence des banques grecques est à l’heure actuelle bloquée à 89 milliards d’euros. «Nous restons convaincus que la BCE ne prendra aucune décision sur l’ELA sans un soutien politique fort et unanime du Conseil Européen», soulignent les économistes de Natixis. Avant qu’un accord soit noué avec le gouvernement d’Alexis Tsipras – ou un autre –, plusieurs jours, voire semaines peuvent s’écouler. Avec une date couperet, celle du 20 juillet: si la Grèce ne parvient pas à rembourser les 3,5 milliards d’euros qu’elle doit à la BCE, les banques seraient sans doute exclues de l’ELA et donc déclarées insolvables.
«Les quatre plus grandes banques grecques sont en faillite et auraient fait défaut si le contrôle des capitaux n’avait pas été imposé, estimait déjà Fitch le 2 juillet. La position de liquidité et de solvabilité du système est très faible, et certaines banques s’approchent du point où une mise en résolution devient vraiment possible.
Sur le front de la solvabilité, la Grèce n’a évidemment pas les moyens de recapitaliser ses banques. Le Mécanisme européen de stabilité (MES) pourrait le faire, mais en imposant au préalable une mise à contribution des actionnaires et créanciers (le bail-in) à hauteur de 8% du passif. Les banques grecques ayant peu de dette en circulation, «les règles du MES rendraient en théorie les dépôts non garantis vulnérables à un bail-in», selon Fitch. Une solution difficile à vendre politiquement après avoir exhorté les Grecs à voter «oui». La Grèce et ses partenaires vont devoir faire preuve d’imagination.
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