Le secteur bancaire espagnol sort affaibli des nouveaux tests
Le plan de recapitalisation adopté hier par les dirigeants européens a chiffré à 26,16 milliards d’euros les besoins en capitaux du secteur bancaire espagnol. Selon ce plan anticrise, les banques espagnoles auront jusqu'à fin juin 2012 pour atteindre les nouveaux critères de solvabilité fixés à 9% de leurs fonds propres durs.
Lors d’une conférence de presse, le chef du gouvernement espagnol José Luis Rodriguez Zapatero, a assuré que le processus pourra se réaliser sans aides publiques.
En Espagne, cette mesure touchera cinq entités financières qui ont communiqué aujourd’hui leurs besoins en capitaux: 14,97 milliards d’euros pour Santander, 7,087 milliards d’euros pour BBVA, 602 millions d’euros pour Caixabank, 1,14 milliard d’euros pour Bankia et 2,36 milliards d’euros pour Banco Popular. Le numéro un de la zone euro, Santander, qui annonçait hier une chute de 12,9% de son bénéfice net à 5,3 milliards d’euros par rapport au même exercice que l’année dernière, a affirmé qu’il pourrait atteindre les nouveaux seuils de solvabilité sans augmenter son capital et tout en maintenant sa politique de dividendes.
Madrid a en effet lutté pour que les obligations obligatoirement convertibles en actions soient prises en compte par l’Autorité bancaire européenne dans les fonds propres des banques. Cela limitera les besoins de recapitalisation du secteur à 17 millards d’euros. De fait, en incluant ces obligations et en calculant ses besoins au 30 septembre, Santander ne devrait plus lever que 5,22 milliards, un besoin couvert grâce à ses profits et à «l’optimisation de ses actifs pondérés du risque (RWA)». Même discours chez BBVA, qui discute du mode de calcul de ses RWA avec la Banque d’Espagne.
Cependant, les banques espagnoles s’indignent car Bruxelles a placé leurs besoins en capitaux juste derrière ceux des banques grecques,estimés à 30 milliards d’euros. Enrique Perez Hernández, professeur d’économie à l’Institut d’Etudes Boursières (IEB) de Madrid s’étonne car «la décote de la dette grecque a un impact insignifiant sur le secteur bancaire espagnol. Les banques espagnoles n’ont que 160 millions d’euros de créances grecques.» Il souligne que si d’un côté ces mesures «vont contribuer à restaurer la confiance», elles vont également «restreindre la capacité des banques à prêter» et donc avoir «un impact négatif sur l’économie réelle».
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