Le secteur bancaire danois n’en finit pas de payer l’éclatement de la bulle immobilière
Le Danemark demeure le vilain petit canard de la finance scandinave. La ministre du Commerce Annette Vilhelmsen a diligenté une enquête à la suite de la faillite de Toender Bank vendredi dernier.
Cet établissement régional du sud du pays a été fermé après une inspection du Finanstilsynet, le régulateur danois, qui a découvert que le montant des créances douteuses et litigieuses (CDL) dans le bilan de Toender était supérieur à ses fonds propres. L’autorité a alors réclamé à la banque l’injection de 278 millions de couronnes (37 millions d’euros), après avoir découvert 319 millions de couronnes de CDL – opération qui s’est révélée impossible. L’enquête déterminera s’il y a lieu de procéder à des poursuites pénales.
S’il s’avérait que la banque n’avait pas enfreint la loi, la ministre estimerait que la réglementation devrait être révisée. La loi encadrant la profession d’expert comptable sera également renforcée: il sera exigé des professionnels qu’ils suivent une formation particulière pour examiner les comptes des sociétés de crédit...
Finanstilsynet a en effet déclaré que les comptes semestriels de Toender n’étaient pas conformes aux règles de transmission des informations (reporting) au superviseur: jusqu’à la semaine dernière, l’établissement affichait des bénéfices. Son rapport semestriel indiquait même un triplement de son bénéfice net (à 9,2 millions), malgré 32,5 millions de dépréciations. Il revendiquait un ratio de solvabilité de 17,3%.
Emboitant le pas au gouvernement, l’Association danoise des actionnaires a ajouté hier qu’elle étudiait l’opportunité de déposer plainte, la faillite de Toender – qualifiée de «scandaleuse» – ayant fait perdre 260 millions de couronnes à certains de ses membres. Les 18.000 clients et le bilan de la banque régionale (2,3 milliards de couronnes) ont été transférés à Sydbank, troisième établissement coté du pays.
Alors que nombre d’établissements suédois et norvégiens ont affiché une santé presque insolente dans un contexte extrêmement troublé pour le secteur ces dernières années – ils n’ont quasiment pas souffert de la crise de la zone euro par exemple – leurs homologues danois accumulent les faillites, laminés par l’éclatement de la bulle immobilière locale en 2008.
Depuis cette année, une douzaine d’établissements régionaux ont mis la clé sous la porte.
Plus d'articles du même thème
-
Carne Group nomme un responsable des solutions ETF
Il s’agit de Daniel Osborne, qui est notamment passé chez State Street IM et BlackRock. -
Le fonds souverain d’Indonésie revoit son état-major
L'Indonesia Investment Authority vient de procéder au renouvellement d’une partie de son équipe de direction. -
State Street IM et Ninety One s'associent pour lancer des ETF actifs
Les premiers lancements porteront principalement sur des ETF Ucits gérés activement, axés sur les actions mondiales et les marchés émergents.
ETF à la Une
Franklin Templeton dévoile quatre ETF sectoriels américains
- BPCE, Crédit Agricole SA et le Crédit Mutuel comptent 161 banquiers millionnaires
- Atos joue gros avec un refinancement à 1,25 milliard d’euros
- BofA clame sa prudence sur Renault et Stellantis
- Eric Larchevêque fait machine arrière sur son projet de «bitcoin treasury company»
- Wero pousse les feux sur son application
Contenu de nos partenaires
-
Guerre en Ukraine : au moins 24 morts à Kiev après une attaque russe massive
Kiev - Le bilan des bombardements russes massifs qui ont frappé Kiev dans la nuit de mercredi à jeudi s’est alourdi à 24 morts dont trois enfants, ont annoncé tôt vendredi les services de secours, alors que se poursuivent les opérations de déblaiement d’un immeuble effondré. -
A Pékin, une ultime journée de discussions entre Trump et Xi
Pékin - Donald Trump et son homologue Xi Jinping mènent vendredi à Pékin une ultime journée de discussions pour assurer la détente recherchée lors d’un sommet où le président américain a dit avoir décroché une offre d’aide pour rouvrir le détroit d’Ormuz et la promesse d’une importante commande de Boeing. Après un déjeuner de travail avec M. Xi, M. Trump reprend l’avion en début d’après-midi au terme de deux jours de visite placés, malgré le faste et les amabilités, sous le signe des tensions globales et bilatérales. M. Trump repartira avec des paroles encourageantes de M. Xi sur la crise dans laquelle il est empêtré au Moyen-Orient, a-t-il dit selon un extrait d’un entretien accordé à la chaîne Fox News. M. Xi lui a déclaré «avec force» qu’il ne fournirait pas de matériel militaire à l’Iran, a-t-il indiqué. Quant au détroit d’Ormuz, «il a dit: +Si je peux être d’une quelconque aide, je serai ravi d’aider», a ajouté M. Trump. Le dirigeant chinois lui a aussi promis l’achat de 200 «gros» Boeing, a-t-il dit. C’est considérable, mais moindre que la commande de 500 avions monocouloirs 737 MAX et d’une centaine de gros porteurs (787 Dreamliner et 777) évoquée par la presse depuis des mois. La Chine est un partenaire stratégique et économique primordial pour l’Iran qui lui destine la grande majorité de ses exportations de pétrole. Elle est directement touchée par la quasi-fermeture, sous l’effet des blocus iranien et américain, du détroit d’Ormuz par lequel transite une grande part de ses acquisitions d’hydrocarbures, d’Iran mais aussi d’autres pays du Golfe. L’Iran a annoncé jeudi, en plein sommet pékinois, que ses forces avaient autorisé le passage de plusieurs navires chinois. Washington voudrait voir Pékin user de son influence sur Téhéran pour contribuer à une sortie de crise dans le Golfe. Tout en s’employant diplomatiquement, Pékin a observé jusqu'à présent une grande retenue. «Nation en déclin» C’est l’un des sujets de crispation que le sommet est destiné à atténuer, sinon à dissiper. Ils abondent: Iran donc, Taïwan, relations commerciales, restrictions d’accès aux terres rares et aux semi-conducteurs, intelligence artificielle et propriété intellectuelle... Ils se sont manifestés ouvertement jeudi avec une mise en garde vigoureuse du président chinois quant au risque de «conflit» entre Chine et Etats-Unis au sujet de Taïwan. Les propos de M. Xi ont dominé le premier jour de la visite. La compétition - stratégique, commerciale, technologique - est extensive et la Chine semble miser sur un déclin des Etats-Unis, subtilement évoqué par Xi Jinping lui-même lorsqu’il a cité l’historien de l’Antiquité grecque Thucydide, théoricien du risque de guerre lorsqu’une puissance émergente entre en rivalité avec une puissance dominante. M. Trump a répondu jeudi soir dans un message sur sa plateforme Truth Social. «Le président Xi a fait très élégamment référence aux Etats-Unis comme étant peut-être une nation en déclin», a-t-il dit. Mais selon lui, l’homme fort de Pékin avait à l’esprit les Etats-Unis de son prédécesseur Joe Biden, pas l’Amérique actuelle. «Il y a deux ans, nous étions effectivement une nation en déclin. Aujourd’hui, les Etats-Unis sont le pays le plus génial de la planète», a-t-il dit. «Stabilité constructive» Depuis le retour de M. Trump à la Maison Blanche, Chine et Etats-Unis se sont livré une âpre guerre commerciale aux répercussions planétaires, à coups de droits de douane exorbitants et de restrictions multiples. MM. Trump et Xi ont conclu une trêve en octobre et, depuis, la Cour suprême américaine a mis à bas les droits de douane généralisés de l’administration Trump. Mais le cessez-le-feu commercial reste exposé à l’instauration de nouvelles surtaxes américaines envisagées par le républicain. Actuellement, l'économie mondiale et la Chine ressentent les effets de la guerre menée par M. Trump avec Israël contre l’Iran. M. Xi a réaffirmé jeudi le vœu chinois de certitude et de prévisibilité dans un monde en proie aux turbulences. Lui et M. Trump se sont entendus pour désigner désormais les rapports sino-américains comme une «relation de stabilité stratégique constructive», selon la diplomatie chinoise. Le président chinois a promis d’ouvrir «toujours plus grand» la Chine aux entreprises étrangères. Avec l’excédent commercial chinois, les pratiques déloyales ou les violations de propriété intellectuelle imputées à la Chine, les obstacles à l’accès au marché chinois sont l’un des grands griefs des Etats-Unis, comme d’autres pays développés, à l’encontre de Pékin. M. Trump a emmené avec lui une importante délégation de grands patrons. La Maison Blanche espère repartir avec un certain nombre d’accords, par exemple dans le domaine de l’agriculture, ou de promesses d’investissements chinois aux Etats-Unis. Selon le ministre américain des Finances, Scott Bessent, présent à Pékin, les deux pays ont discuté de la mise en place de garde-fous contre les risques de cyberattaques favorisées par l’intelligence artificielle. Danny KEMP et Laurent LOZANO © Agence France-Presse -
Royaume-Uni : potentiel concurrent de Keir Starmer, le ministre de la Santé démissionne
Wes Streeting, qui pourrait devenir un concurrent de Keir Starmer à la direction du Labour pour pouvoir ravir Downing Street, a annoncé sa démission du gouvernement, jeudi 14 mai