Le secteur bancaire danois n’en finit pas de payer l’éclatement de la bulle immobilière

La faillite de Toender Bank montre la difficulté de comptabiliser les créances douteuses dans les bilans des établissements régionaux
Antoine Landrot

Le Danemark demeure le vilain petit canard de la finance scandinave. La ministre du Commerce Annette Vilhelmsen a diligenté une enquête à la suite de la faillite de Toender Bank vendredi dernier.

Cet établissement régional du sud du pays a été fermé après une inspection du Finanstilsynet, le régulateur danois, qui a découvert que le montant des créances douteuses et litigieuses (CDL) dans le bilan de Toender était supérieur à ses fonds propres. L’autorité a alors réclamé à la banque l’injection de 278 millions de couronnes (37 millions d’euros), après avoir découvert 319 millions de couronnes de CDL – opération qui s’est révélée impossible. L’enquête déterminera s’il y a lieu de procéder à des poursuites pénales.

S’il s’avérait que la banque n’avait pas enfreint la loi, la ministre estimerait que la réglementation devrait être révisée. La loi encadrant la profession d’expert comptable sera également renforcée: il sera exigé des professionnels qu’ils suivent une formation particulière pour examiner les comptes des sociétés de crédit...

Finanstilsynet a en effet déclaré que les comptes semestriels de Toender n’étaient pas conformes aux règles de transmission des informations (reporting) au superviseur: jusqu’à la semaine dernière, l’établissement affichait des bénéfices. Son rapport semestriel indiquait même un triplement de son bénéfice net (à 9,2 millions), malgré 32,5 millions de dépréciations. Il revendiquait un ratio de solvabilité de 17,3%.

Emboitant le pas au gouvernement, l’Association danoise des actionnaires a ajouté hier qu’elle étudiait l’opportunité de déposer plainte, la faillite de Toender – qualifiée de «scandaleuse» – ayant fait perdre 260 millions de couronnes à certains de ses membres. Les 18.000 clients et le bilan de la banque régionale (2,3 milliards de couronnes) ont été transférés à Sydbank, troisième établissement coté du pays.

Alors que nombre d’établissements suédois et norvégiens ont affiché une santé presque insolente dans un contexte extrêmement troublé pour le secteur ces dernières années – ils n’ont quasiment pas souffert de la crise de la zone euro par exemple – leurs homologues danois accumulent les faillites, laminés par l’éclatement de la bulle immobilière locale en 2008.

Depuis cette année, une douzaine d’établissements régionaux ont mis la clé sous la porte.

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