Le secteur bancaire allemand se prépare à de nouvelles provisions
C’est un euphémisme de dire que la dépréciation de 250 millions d’euros passées par Deutsche Bank sur ses titres de dette souveraine grecque au troisième trimestre n’est pas un bon signe pour ses compatriotes. Un membre de l’organisme représentant les experts-comptables allemands IDW (Institut der Wirtschaftsprüfer) estime ainsi que d’autres pourraient certainement suivre cet exemple. «L’ampleur avec laquelle les banques enregistreront de nouvelles dépréciations sur la dette de la Grèce reste à préciser», a toutefois déclaré Klaus-Peter Feld, membre du conseil d’administration de l’IDW, à l’agence Reuters.
Deutsche Bank avait déjà provisionné 155 millions d’euros la valeur de ces mêmes titres au deuxième trimestre, soit environ 11,8% de son stock. Le montant supplémentaire passé fait remonter ce taux à 31%. A titre de comparaison, les provisions atteignaient 24,5% de l’exposition de Commerzbank (il est vrai nettement plus vulnérable aux emprunts d’Etat grecs), soit 760 millions sur plus de 3,1 milliards d’euros.
L’initiative de la première banque allemande devrait relancer le débat sur le traitement comptable des obligations d’Etat grecques – voire de ceux qui dans la zone euro subissent plus généralement la méfiance des investisseurs. En effet, le plan de renouvellement de la dette hellène, négocié à l’échelle internationale, prévoit un échange des titres à maturité antérieure à 2020 moyennant une dépréciation de 21%.
C’est ainsi que les banques françaises ont logiquement appliqué cet accord dans leurs comptes du deuxième trimestre aux actifs éligibles au plan, estimant qu’il n’existait pas de valeur de marché pour les autres. Ce qui leur a été reproché par les investisseurs, qui ont une vision nettement plus pessimiste de la valeur réelle des actifs grecs, mais aussi par l’IASB, l’autorité comptable internationale, qui estime qu’un marché existe néanmoins. A l’opposé des établissements français, Commerzbank a passé ses titres «disponibles à la vente» en valeur de marché et a appliqué une décote de 21% sur le reste, quelles que soient les maturités.
De sources proches du dossier, les banques françaises pourraient aussi avoir à passer de nouvelles dépréciations sur leurs emprunts d’Etat grecs, ne serait-ce que pour améliorer leur communication financière sur ce point.
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