Le risque grec commence à peser sur les perspectives de CNP
Les résultats du troisième trimestre ne seront pas synonymes de provisions supplémentaires seulement pour les banques. Plusieurs courtiers viennent ces derniers jours d’abaisser leurs prévisions pour CNP Assurances. En cause, l’exposition de la compagnie à la dette grecque mais aussi aux marchés actions, qui s’ajoute au net ralentissement du marché français de l’assurance vie.
Au deuxième trimestre, CNP avait déprécié de 21% son portefeuille de 1,865 milliard d’emprunts d’Etat grecs. Mais la charge correspondante de 353 millions avait été imputée à 95% sur la provision pour participation aux excédents (PPE), qui sert à lisser les rendements servis aux assurés. Le dossier grec étant mal engagé, «nous pensons que CNP va devoir déprécier davantage la dette grecque, comme les autres compagnies en Europe, pour un coût supplémentaire d’environ 600 millions avant participation des assurés», estimait Exane BNP Paribas le 5 octobre. Mais cette fois, l’assureur risque d’avoir du mal à passer l’essentiel de la facture à ses clients sans pénaliser sa PPE. Le courtier en attend un impact en résultat de 150 millions.
La filiale à 40% de la Caisse des dépôts est par ailleurs l’un des groupes les plus exposés du secteur aux actions. Celles-ci représentaient 9,3% de ses placements à fin juin. «Aux niveaux actuels, le portefeuille ferait ressortir 2,5 milliards de moins-values latentes», calcule Exane. Une ligne d’actions est automatiquement dépréciée si elle est en moins-value depuis 36 mois, ou si sa perte est de plus de 50%. Si la moins-value dépasse 30% sur les 6 derniers mois, c’est l’assureur qui décide de déprécier ou pas.
Raymond James pointait aussi du doigt mi-septembre «le bas niveau des taux d’intérêt européens, hors PIGS, qui pourrait conduire à terme à une baisse des revenus financiers et de la marge des assureurs vie sur les contrats en euros». JPMorgan Cazenove a retenu hier l’argument, tout comme la faible croissance des primes en France, pour ramener de 1,1 milliard à 740 millions sa prévision de résultat net de CNP sur l’exercice. A ce niveau, l’assureur risquerait une dégradation par S&P. L’agence a passé mi-septembre à «négative» sa perspective sur le «AA-» de la compagnie, mais a prévenu qu’elle pourrait abaisser la note si CNP n’atteint pas les 800 millions de résultat net consolidé en 2011.
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