Le risque de surcharge systémique frappe inégalement les banques
Alors que des informations relatives aux ratios de capital prudentiel supplémentaire appliquées aux banques dites systémiques (SIFI) ont commencé à filtrer (L’Agefi du 17 juin), chacun s’interroge sur le sort qui lui sera réservé: être dans la catégorie la plus pénalisée (selon les sources entre 2,5 et 3,5 points supplémentaires par rapport au taux de 7% des actifs pondérés requis par le Comité de Bâle), l’intermédiaire (2 points), ou la plus basse (entre 0,5 et 2 points selon les banques).
Federico Ghizzoni, le DG d’UniCredit, estime que la banque italienne pourrait supporter une surcharge de deux points sans avoir recours aux marchés. ING s’attend à faire partie des SIFI les moins pénalisées. Du côté français, hostile à toute idée de surcharge, on attend une communication officielle du régulateur, prévue en fin de semaine. BNP Paribas est citée dans le premier chapeau, avec notamment Deutsche Bank. «Il ne serait pas étonnant que BNP Paribas soit dans la catégorie des plus systémiques: elle était la première banque mondiale par la taille de son bilan fin 2010», estime un analyste.
«BNP Paribas affichait un ratio core Tier 1 (Bâle 2) de 9,5% à fin mars 2011 et de 8,8% pro forma Bâle 2.5 : le groupe devrait être en mesure d’atteindre le niveau éventuel de 9,5% pro forma Bâle 3 à relativement court terme via sa génération interne de fonds propres, écrit Steven Gould, chez Raymond James. En revanche, la situation paraît plus compliquée pour Deutsche Bank pour laquelle l’impact initial du passage à Bâle 2.5 / 3 doit se traduire par une majoration bien plus significative sur les actifs pondérés et suppose déjà un déficit de capital important.» Andreas Dombret, de la Bundesbank, a d’ailleurs approuvé hier une surcharge de 2 à 3 points pour les banques systémiques.
Le Crédit Agricole et la Société Générale se trouveraient dans le deuxième chapeau. «Si les informations étaient avérées, les banques françaises ne seraient plus en mesure de camper sur leur position d’un ratio Bâle 3 à 7% en 2018. Cela dit, une surcharge obligatoire les remettrait dans le concert du secteur sans qu’elles aient l’air de céder aux pressions du marché ou de leurs résultats», nuance Christophe Nijdam, analyste chez Alphavalue.
Les analystes de KBW estiment que les établissements les plus pénalisés pourraient même retourner la situation à leur avantage pour se financer sur les marchés – la solvabilité étant un devenu un élément concurrentiel.
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