Le régulateur européen des assurances se penche de nouveau sur l’environnement de taux bas
L’exemple japonais l’a montré à la fin des années 1990 et au début des années 2000; un environnement de taux bas sur une période prolongée est tout à fait plausible. L’Eiopa, l’autorité européenne de contrôle des assurances, s’est déjà saisie du sujet. Elle l’a fait en 2011 en appliquant au secteur européen de l’assurance un stress test incluant un scénario de faible rendement. L’exercice avait alors conclu que «5 à 10% des compagnies couvertes feraient face à de sérieux problèmes, dans la mesure où leur ratio MCR (capital minimum réglementaire, ndlr) tomberait sous les 100%».
L’Eiopa a décidé de remettre le sujet à la une en lui consacrant une opinion publiée sur son site internet. Dans ce document, le superviseur rappelle que les taux d’intérêt à long terme sont d’une importance vitale pour les assureurs vie, leurs obligations envers les souscripteurs devenant plus coûteuses dans un contexte de taux bas. L’impact peut néanmoins être également néfaste pour les assureurs non-vie dont le modèle économique consiste à utiliser les produits tirés des investissements pour compenser une faiblesse des résultats de souscription.
Les effets d’un environnement prolongé de taux bas sur les bilans des assureurs dépendent de la méthode comptable employée. Le recours à la valeur de marché entraînera un impact très rapide, tandis que la comptabilisation au coût historique ralentira l’apparition du problème. Dans le contexte de Solvabilité 2, qui donne la primauté à la valeur de marché, «il est important que les assureurs n’emmagasinent pas des risques qui pourraient soudainement se cristalliser avec la mise en place de la directive», souligne l’Eiopa.
L’agence européenne recommande aux autorités nationales compétentes, si elles ne l’ont pas déjà fait, d’examiner activement l'étendue et la nature des risques potentiels que peuvent poser au sein de leur juridiction des taux bas. De son côté, l’Eiopa se propose de mener un nouvel exercice afin d'évaluer les conditions pouvant aboutir à des problèmes sérieux de solvabilité et/ou de stabilité systémique. Les acteurs privés sont également encouragés à prendre leurs responsabilités, en révisant leur modèle économique pour s’adapter à une nouvelle donne.
Plus d'articles du même thème
-
Stellantis et Dongfeng relancent leur coentreprise chinoise DPCA
Si l'accord concerne à ce stade le seul territoire chinois, il pourrait être le prélude à un autre partenariat en Europe où Stellantis cherche des solutions pour certaines de ses usines confrontées à des surcapacités. -
Le sort de SFR prendra quelques semaines de plus
Les discussions avec Bouygues, Orange et Free sont prolongées jusqu'au 5 juin, ont annoncé vendredi matin les quatre parties prenantes à l'opération de plus de 20,3 milliards d'euros. -
Carne Group nomme un responsable des solutions ETF
Il s’agit de Daniel Osborne, qui est notamment passé chez State Street IM et BlackRock.
ETF à la Une
Franklin Templeton dévoile quatre ETF sectoriels américains
- BPCE, Crédit Agricole SA et le Crédit Mutuel comptent 161 banquiers millionnaires
- Atos joue gros avec un refinancement à 1,25 milliard d’euros
- BofA clame sa prudence sur Renault et Stellantis
- Eric Larchevêque fait machine arrière sur son projet de «bitcoin treasury company»
- Wero pousse les feux sur son application
Contenu de nos partenaires
-
Troisième acteVotre bilan retraite est-il encore à jour ? Pourquoi 2026 est l'année pour le refaire – les conseils d'Emmanuel Grimaud
Chaque semaine, avec l’Opinion, retrouvez les conseils d’Emmanuel Grimaud, président de Maximis et expert en gestion des fins de carrière pour mieux gérer votre troisième partie de vie professionnelle -
Donald Trump lié à de lucratives transactions financières impliquant de grandes entreprises américaines
Sur les trois premiers mois de l’année 2026, le président américain a acheté et vendu des actifs financiers. Et ce, pour un montant compris entre 220 et 750 millions de dollars. Ce qui pose question -
Guerre en Ukraine : au moins 24 morts à Kiev après une attaque russe massive
Kiev - Le bilan des bombardements russes massifs qui ont frappé Kiev dans la nuit de mercredi à jeudi s’est alourdi à 24 morts dont trois enfants, ont annoncé tôt vendredi les services de secours, alors que se poursuivent les opérations de déblaiement d’un immeuble effondré.