Le projet de fusion des banques grecques systémiques subit un coup d’arrêt

La Troïka s’inquiète de la constitution d’un géant bancaire dans le pays réunissant 180 milliards d’euros d’actifs et 40% de parts de marché
Patrick Aussannaire

La suspension du projet de fusion des banques grecques jette un nouveau voile sur le plan de sauvetage du pays. Un responsable du ministère des Finances grec a provoqué la surprise dimanche soir en indiquant que la fusion entre National Bank of Greece (NBG) et Eurobank, annoncée en fin d’année dernière et déjà à un stade avancé, était suspendue. «La banque centrale de Grèce nous a informés que les deux prêteurs ne devraient pas être à même de réunir les 10% nécessaires de capitaux privés. Par conséquent, le fonds de stabilité du secteur bancaire grec (HFSF) a entamé le processus de recapitalisation des deux banques et devient leur principal actionnaire», a indiqué l’officiel.

En cause: l’échec des banques à lever le seuil minimum de 10% de leurs besoins en capitaux auprès d’investisseurs privés, indispensables pour conserver leur autonomie de direction à l’issue du processus de recapitalisation. Leurs besoins sont estimés à 15,6 milliards d’euros pour porter leurs fonds propres au niveau exigé par la banque centrale. Cette dernière a confirmé hier que «le processus de recapitalisation des quatre banques d’importance systémique (NBG, Alpha Bank, Eurobank et Banque du Pirée) se poursuit normalement et prendra fin en avril», et que les actionnaires des entités ont été convoqués pour approuver ces augmentations de capital.

Une avance de 50 milliards a été fournie par la Troïka pour recapitaliser le secteur bancaire grec dans le cadre du plan de sauvetage global du pays de 173 milliards. NBG a acquis en février 84,3% d’Eurobank via un échange d’actions, avec la volonté d’intégrer totalement les activités de sa cible en vue de renforcer sa place de première banque du pays, avec des actifs totaux combinés de quelque 180 milliards d’euros.

Mais le poids d’un tel groupe bancaire en Grèce inquiète les bailleurs de fonds du pays, échaudés par la crise chypriote. La Troïka «est réticente à l’idée de voir naître un acteur aussi important, doté d’une part de marché de l’ordre de 40%» avait reconnu la semaine dernière le gouverneur de la banque centrale, George Provopoulos.

Des annonces qui interviennent en pleine négociations sur le versement d’une tranche d’aide à la Grèce de 8,8 milliards d’euros, en suspens depuis le mois dernier. Les actions de NBG et d’Eurobank ont fait le yo-yo hier en Bourse, après une baisse de respectivement 21,6% et 38,8% la semaine dernière.

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