Le potentiel boursier des banques européennes demeure limité
Les premières heures de l’année avaient bien commencé pour les banques européennes, mais l’enthousiasme est vite retombé. Le secteur avait clôturé la première séance de janvier avec une progression de 2,12%, contre un indice européen en progression de 0,64%. Mais les séances qui ont suivi ont vu ces mêmes valeurs sous-performer l’indice global, prouvant qu’elles ont beau rester peu chères, les investisseurs continuent de s’en méfier. Après un premier trimestre 2019 plutôt correct, les banques avaient décroché en milieu d’année. Ces derniers mois, un retour en grâce de ce secteur a parfois été annoncé, à l’aune d’un regain d’intérêt pour les titres décotés. Cependant, si un rebond a effectivement été constaté sur les banques en fin d’année, il n’a pas été beaucoup plus marqué que sur les autres secteurs.
Les actions des banques européennes ont progressé de 11,1% l’année dernière (pour l’Eurostoxx banques), contre une performance de 22,97% pour l’indice Eurostoxx dans son ensemble, 40,03% pour les technologiques (le meilleur secteur en 2019), et -0,03% pour les telecoms (le moins bon). Au second semestre, les bancaires ont progressé de 9,72%, une performance tout juste supérieure à celle de l’indice, à 7,48% pour le semestre.
Statut de valeur décotée ?
Même en prenant en compte leur bonne performance relative de ces derniers mois, leur niveau de valorisation reste particulièrement bas. Les banques européennes affichent un ratio de cours sur bénéfices de 10 environ, contre un ratio de presque 20 pour l’Eurostoxx 50.
Les banques européennes seraient-elles en train de s’enliser dans leur statut de valeur décotée ? Cela reste possible, selon certains professionnels. Car, depuis cet été, leur situation n’a pas fondamentalement changé. Elles restent soumises à des taux très bas, une situation qui continue de ronger leurs marges d’intérêts. Cette situation est d’autant plus dommageable que rien n’augure d’une remontée des taux à moyen terme de manière plus marquée que cela a été déjà observé ces derniers mois. Par ailleurs, les bons résultats parfois constatés lors des dernières publications du troisième trimestre étaient souvent le fait d’une activité meilleure qu’attendu dans les activités de banques de financement et d’investissement. Les autres activités, plus sûres et récurrentes, pour leur part, n’ont pas vraiment surpris.
Aléas géopolitiques
Les banques européennes restent par ailleurs tributaires de la croissance économique et des aléas géopolitiques. Or, les incertitudes sur le commerce mondial demeurent entières. La guerre commerciale entre la Chine et les Etats-Unis est loin d’être terminée et les nouvelles tensions de ce pays avec l’Iran rajoutent de l’incertitude à un climat déjà incertain. Par ailleurs, le Brexit et les doutes que sa mise en œuvre peut susciter, rajoutent des tensions à celles déjà existantes. Peu à attendre donc, de ce côté, pour dynamiser le secteur en bourse.
Forte concurrence
Ensuite, ces entreprises demeurent attaquées par la concurrence des nouveaux entrants. Même si la rentabilité desnéobanques n’est pas acquise, les fintech se sont installées durablement dans l’écosystème européen. Mais ce n’est pas tant les nouvelles structures qui effraient les investisseurs, car beaucoup d’entre elles ont vocation à entrer dans le giron de banques historiques, mais plutôt les mastodontes de la technologie, comme Google, Amazon ou Apple, qui commencent à s’intéresser de plus en plus concrètement au secteur.
Cette année, les banques européennes vont devoir convaincre la Place que leur modèle, même fragilisé, n’est pas durablement attaqué. Nombre d’entre elles tentent de regagner en profitabilité, avec un recentrage ou un développement vers des activités à forte valeur ajoutée, comme la gestion de fortune. D’autres ont mis en place des plans de réduction d’effectifs (le plus emblématique étant celui de Deutsche Bank qui a annoncé supprimer 18.000 emplois), dont les effets commenceront à se faire sentir. Enfin, des mouvements de concentration pourraient intervenir, certains dirigeants, comme celui d’UBS ou de Société Générale, n’hésitant plus à parler ouvertement d’une possible consolidation du secteur..
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