Le poids des bonus baisse dans la finance britannique
Les bonus ont retrouvé des couleurs outre-Manche. Pour l’ensemble des secteurs de l’économie britannique, le montant total des rémunérations variables a progressé de 2,7% sur un an, pour la période allant d’avril 2014 à mars 2015, selon l’Office national de la statistique (ONS). Il s'élève à 42,4 milliards de livres (58 milliards d’euros). L’office souligne que l’on se rapproche des niveaux record enregistrés en 2008 avant la crise (-0,1%).
Mais les principaux bénéficiaires ne sont pas forcément ceux que l’on croit. Si le secteur de la finance et de l’assurance s’est arrogé quelque 13,6 milliards de livres (18,58 milliards d’euros) de bonus en une année, ce chiffre est en recul de 9,6% sur un an. Comparé au pic de 2007-2008 (18,7 milliards de livres), l’enveloppe des bonus des salariés de la finance et de l’assurance outre-Manche est en recul de plus de 5 milliards de livres… Au total, le bonus moyen versé en 2014 dans le secteur de la finance et de l’assurance britannique s’est élevé à 13.100 livres, soit 800 livres de moins qu’en 2013. Son importance dans l’enveloppe de rémunération globale est également en chute libre : à la différence de 2006-2007 où il représentait 34,1% de l’ensemble de la rémunération des banquiers et assureurs, le bonus n’assure plus aujourd’hui qu’un cinquième de l’enveloppe totale (20,4%), soit encore moins qu’en 2013-2014 (25,1%).
Comme le rappelle l’institut, cette tendance est à l’opposé de ce qui s’est produit au cours de la première moitié des années 2000 où la contribution des bonus à l’ensemble de la rémunération avait grimpé très rapidement, passant ainsi de 19% en 2002-2003 à son pic de 2006-07. Sans grande surprise, c’est aussi dans le secteur de la finance et de l’assurance que l’enveloppe des bonus a décliné le plus en une année, perdant au passage 1,5 milliard de livres.
Mais selon l’ONS, ce recul peut aussi s’expliquer en partie «parce que l’industrie est plus encline que d’autres à concentrer ses paiements durant une saison des bonus qui s’étale de décembre à mars. Or, en 2013, un certain nombre de bonus avaient été reportés de mars à avril (ndlr: en raison d’une modification du taux d’imposition). Par conséquent, les chiffres concernant 2013-2014 dans ce secteur ont pu être anormalement élevés, certains salariés ayant perçu des bonus à la fois en avril 2013 et en mars 2014, soit deux fois durant la même période de reporting», conclut l’institut.
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