Le patron de Generali se retrouve poussé vers la sortie
L’offensive a démarré le mois dernier. La veille de l’assemblée de Generali, le fondateur de Luxottica, Leonardo Del Vecchio, qui détient 3% de Generali, a ouvertement critiqué Giovanni Perissinotto, accusé de «penser trop à la finance et pas assez aux polices», réclamant sa démission. La fronde s’est entretemps élargie à d’autres actionnaires privés et à Mediobanca, premier actionnaire de l’assureur avec 13,47% du capital, qui en s’alliant ont accéléré la chute du manager.
Giovanni Perissinotto a été révoqué samedi lors d’un conseil d’administration tendu, au cours duquel dix administrateurs, dont Vincent Bolloré, ont voté une motion de défiance à son encontre tandis que cinq ont voté en faveur de son maintien et qu’un administrateur s’est abstenu. Depuis onze ans à la tête de la compagnie leader en Italie et troisième en Europe, le directeur général a défendu son action avec force, rappelant son expérience de 30 ans au sein du Lion de Trieste et mettant sur le compte de la crise financière et de la forte exposition de Generali à la dette souveraine italienne (à hauteur de 46 milliards d’euros), la chute du titre en Bourse. Il s’est même fendu d’une lettre dénonçant l’ingérence de Mediobanca. Mais rien n’y a fait. Depuis janvier 2011, le titre a perdu près de 40% de sa valeur, soit beaucoup plus que ses concurrents Axa (-29%) et Allianz (-21%).
L’assureur a vu son bénéfice net chuter de 49,7% en 2011, notamment en raison de dépréciations pour plus d’un milliard d’euros, en particulier sur les titres grecs. Les actionnaires n’ont pas vraiment apprécié non plus de voir leur dividende divisé par deux. Mediobanca en tête, qui a vu son investissement dans Generali fondre radicalement. La banque d’affaires accuse par ailleurs Giovanni Perissinotto de lui avoir mis des bâtons dans les roues dans l’opération qu’elle est en train de mener pour sauver l’assureur Fonsai via une fusion avec la compagnie Unipol. Le manager aurait encouragé, selon elle, la contre-offensive lancée par le fonds Palladio, l’un de ses proches…
Giovanni Perissinotto s’est ainsi retrouvé sur la sellette. Dans un communiqué, le conseil de Generali a justifié son éviction par «l’impératif de mener une initiative de discontinuité dans la gestion» et a proposé Mario Greco, actuel CEO General Insurance de Zurich Insurance. En attendant, l’intérim sera assuré par le président Gabriele Galateri di Genola.
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