Le patron de Dexia s’inquiète d’un risque de contraction du crédit
Gare au «credit crunch»! Tel est l’avertissement lancé hier par Pierre Mariani, l’administrateur délégué de Dexia, à l’occasion d’une rencontre avec les journalistes. Alors que BNP Paribas et la Société Générale viennent d’annoncer une accélération de la réduction de leur bilan, le patron de la banque franco-belge craint un choc sur l’octroi de crédit à l’économie.
«Tout le monde ‘deleverage’ (réduit sa dette, ndlr). Les Etats et les banques (...) Tout est en place pour organiser massivement une contraction du crédit, a souligné le banquier français, cité par Reuters. Je pense qu’il va être urgent de ralentir le mouvement de ‘deleverage’. Le multiplicateur est en train de jouer négativement sur la croissance.»
Interrogé sur le financement des banques européennes, l’administrateur délégué de Dexia a assuré que les banques parvenaient encore à se refinancer en dollars par l’intermédiaire de produits dérivés (swaps). «Il y a accès à la liquidité en dollars. Le marché des swaps est ouvert, liquide et profond», a fait savoir Pierre Mariani. Mais «c’est plus cher».
Il a aussi fait savoir que Dexia, exposé à la Grèce à hauteur de 4,5 milliards d’euros, était en mesure de faire face à des provisions plus importantes sur les titres de dette grecque. «Bien sûr c’est très désagréable. Bien sûr c’est un choc dont on se passerait très volontiers, a-t-il fait remarquer. On a la capacité à le gérer dans le temps et à l’absorber.» Dexia n’a passé que 377 millions d’euros de provisions avant impôt sur son risque grec au deuxième trimestre, sur 1,8 milliard de titres concernés par le plan d’échange d’obligations grecques. Soit 21% du portefeuille, comme le prévoit le plan, mais moins de 10% de l’exposition totale du groupe. Une position qui semble de plus en plus difficile à tenir vu l'état des finances grecques.
Le dirigeant a au passage rejeté l’idée d’une recapitalisation massive des banques européennes par les Etats, en réaction aux propos de la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI) Christine Lagarde. «Si les Etats doivent recapitaliser les banques, cela ne va pas améliorer la situation des finances publiques», a estimé Pierre Mariani, évoquant un risque de «cercle vicieux» de la crise de la dette.
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