Le numéro deux de Santander reste pour l’instant aux commandes
Alfredo Saenz espère encore échapper au pire. Le bras droit d’Emilio Botin à la tête de Santander a finalement été condamné hier par la Cour suprême espagnole à trois mois de prison et à l’interdiction d’exercer pour une durée équivalente dans une banque, pour un dossier de fausse accusation remontant à 1994. Une décision un peu moins lourde que ne le prédisaient de récentes fuites (L’Agefi du 18 janvier), et qui laisse encore une chance à l’intéressé de rester directeur général de Santander en raison des appels interjetés.
Agé de 68 ans, Alfredo Saenz va en effet contester cette décision de deux manières. Il a déposé un recours auprès du Tribunal constitutionnel, et a demandé pour cette raison à la justice espagnole de surseoir à l’exécution du jugement. «Si, comme on l’espère, le Tribunal de Barcelone suspend l’exécution de la sentence, le recours présenté par Alfredo Saenz mettra entre deux et quatre ans à être jugé», indiquaient hier des proches de Santander.
La justice devrait mettre entre 15 et 20 jours, selon les observateurs, pour se décider ou non d’un sursis. Si le Tribunal de Barcelone refuse, Alfredo Saenz se verrait en revanche obligé de quitter son poste. Le conseil d’administration du groupe a confirmé hier que le banquier conservait pour l’instant ses fonctions et lui a maintenu sa «confiance». Emilio Botin, le président de Santander, avait encore en février présenté son bras droit comme «le meilleur directeur général du secteur bancaire» devant des investisseurs. Alfredo Saenz a notamment supervisé la croissance externe du groupe en Grande-Bretagne et au Brésil, qui a permis à Santander de résister aux effets de la crise en Espagne.
Alfredo Saenz a par ailleurs demandé sa grâce aux pouvoirs publics. Cette mesure exceptionnelle doit faire l’objet d’un décret royal et d’une approbation en conseil des ministres.
Les faits reprochés au dirigeant remontent à son arrivée à la tête de Banesto. En mission commando pour redresser l’établissement à l’origine du plus grand scandale bancaire des années 90 en Espagne, Alfredo Saenz avait alors porté plainte pour escroquerie contre trois hommes d’affaires endettés auprès de la banque. Un moyen pour le créancier de faire pression sur les débiteurs afin qu’ils le remboursent, mais que la justice espagnole a fort peu apprécié.
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