Le nouveau patron de RBS aura la tâche difficile
La mission de Ross McEwan, qui succédera à Stephen Hester au poste de directeur général de RBS en octobre, est claire: rembourser les 46 milliards de livres sterling (près de 53 milliards d’euros) que les contribuables – via l’Etat britannique – ont investis pour sauver l’établissement de la faillite au moment de la crise des subprimes. Les pouvoirs publics détiennent toujours 81% de son capital.
L’annonce de la nomination du futur patron, arrivé il y a un an à la tête du pôle de banque de détail, a été logiquement saluée par le gouvernement, qui avait fait savoir en juin dernier qu’il mettrait fin au mandat de Stephen Hester.
Le ministre des Finances George Osborne a expliqué avoir été «impressionné» par la vision formulée par Ross McEwan de la nouvelle RBS, «banque commerciale forte et centrée sur le Royaume-Uni» – une façon d’ôter toute ambiguïté quant à l’abandon de l’ancienne stratégie centrée sur la banque d’investissement.
Condition sine qua non d’une privatisation réussie, RBS doit retrouver les faveurs de la Bourse. A 322,50 pence à la clôture vendredi, l’action de la banque traite toujours largement en dessous de la valeur à laquelle elle est inscrite dans les livres du gouvernement (407 pence). RBS prévoit d’achever sa restructuration à la fin de l’année 2014.
La banque, qui publiait vendredi ses comptes semestriels, affiche un bénéfice avant impôt de 1,37 milliard de livres (1,6 milliard d’euros), contre une perte de 1,68 milliard un an plus tôt. Pour la première fois depuis 2008, elle affiche un résultat net positif au cours de deux trimestres consécutifs (393 et 142 millions de livres).
Mais ce redressement dissimule un recul du bénéfice opérationnel des métiers (-14,6% au deuxième trimestre et -16,6% depuis le début de l’année, à 2,46 milliards). Conséquence logique de la nouvelle stratégie du groupe, le pôle de banque d’investissement a vu son bénéfice opérationnel passer de 251 à 93 millions de livres au deuxième trimestre.
Trouver un relais de croissance dans les activités de banque commerciale s’annonce difficile et passe par un lourd travail de reconquête de la confiance du public. Ce qui est loin d’être gagné: RBS a passé 385 millions de livres de provisions générales pour litiges et encore 185 millions en prévision de dédommagement de clients lésés dans la vente abusive de produits d’assurance emprunteur (les «PPI»), un scandale qui éclabousse l’ensemble de la Place britannique.
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