Le nouveau patron de Deutsche Bank doit rassurer
Christian Sewing sera-t-il l’homme de la situation pour Deutsche Bank ? Saluée lundi matin par les marchés avant que l’action de la banque allemande ne réduise ses gains, l’arrivée à la présidence du directoire du dirigeant de 47 ans, entré chez Deutsche Bank en 1989, a rassuré sur le risque d’une transition difficile. De plus en plus sceptiques quant à la capacité de son prédécesseur, John Cryan, à redresser la barre, avec à la clé un plongeon de 25% de l’action depuis janvier, les investisseurs attendent cependant une clarification de la stratégie, qui peine à se dessiner depuis la crise.
Les hésitations stratégiques de Deutsche Bank se sont notamment cristallisées ces dernières années sur l’avenir de sa BFI et, au sein des activités de banque commerciale et privée, sur celui de Postbank, rachetée en 2008 sous l’ère de Josef Ackermann. En avril 2015, Deutsche Bank avait annoncé une réduction à moins de 50% de sa part dans Postbank via une mise en Bourse, et choisi de ménager sa BFI. Quelques mois plus tard, John Cryan avait acté une scission peu commune de la BFI en deux pôles séparés qui avait finalement été abandonnée l’an dernier, tout comme le désengagement de Postbank, Deutsche Bank préférant mettre en Bourse sa gestion d’actifs.
Jusque-là codirecteur de la division de banque privée et commerciale, Christian Sewing peut mettre à son crédit l’avancée dans la réorganisation de ce pôle et l’intégration de Postbank aux autres activités de Deutsche Bank. Ce chantier, qui coûtera un milliard d’euros et durera plusieurs années, doit permettre de générer 900 millions d’euros de synergies annuelles d’ici 2022. «Nous prévoyons de fusionner la banque privée et commerciale de Deutsche Bank et Postbank dans le courant du deuxième trimestre 2018», a indiqué Christian Sewing dans une lettre au personnel publiée lundi.
Si aucun détail sur la stratégie de Christian Sewing n’a encore été dévoilé, la tonalité de son message aux salariés pourrait laisser entendre que le groupe est désormais prêt à diminuer son empreinte dans la BFI. Cette dernière a pâti d’un problème d’image de marque en raison des difficultés financières du groupe et d’un environnement peu porteur, notamment dans le trading. «Nous avons regagné des parts de marché sur des segments clé [mais] nous savons aussi que nous devrons encore adapter nos revenus, nos coûts et notre structure de capital», a souligné Christian Sewing. L’an dernier, les revenus du pôle de BFI ont baissé de 15% tandis que ses coûts ajustés sont restés stables.
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