Le nouveau patron d’Allianz va devoir remettre Pimco sur les rails
Oliver Baete sera-t-il l’homme de la situation ? Membre du directoire d’Allianz depuis 2008, en charge de l’assurance en Europe occidentale et méridionale, cet ancien responsable de McKinsey tiendra à compter du mois de mai prochain les rênes de l’assureur allemand. Le président actuel, Michael Diekmann, qui se voyait bien rempiler pour un nouveau mandat à la fin de l’année, est poussé vers la sortie sous le prétexte de la limite d'âge (60 ans).
Le groupe a par ailleurs annoncé l’arrivée en début d’année prochaine de Sergio Balbinot, en provenance de Generali, pour reprendre le portefeuille d’Oliver Baete.
Cette désignation par le conseil de surveillance intervient dans un contexte qui est loin d'être anodin, une semaine après l’annonce du départ de Bill Gross de Pimco, la société de gestion qu’Allianz détient depuis 2000. Cette démission inopinée a aggravé un mouvement de défiance des investisseurs déjà perceptible depuis plusieurs mois. Le fonds étendard de Pimco, Total Return Fund, a vu son total d’actifs nets fondre de 10% sur le mois de septembre, selon les données de Morningstar. Les sorties de capitaux ont atteint 23,5 milliards de dollars le mois dernier, avec un pic observé le 26 septembre, jour de la révélation du départ de Bill Gross.
«Le premier défi pour le nouveau CEO sera de remettre Pimco sur les rails et de juguler les retraits de capitaux», observe Werner Schirmer, analyste pour le compte de Landesbank Baden-Württemberg. Une tâche difficile, reconnaît-il, compte tenu de la longue tradition d’indépendance cultivée par le gérant de Newport Beach. Pimco fournissant à Allianz un quart de son résultat opérationnel, les déboires de la société inquiètent les grands actionnaires de l’assureur, parmi lesquels figure BlackRock.
Pimco n’est pas le seul problème qui précoccupe Allianz à l’heure actuelle. L’assureur doit aussi composer avec des investisseurs, dont le gérant allemand Union Investment, qui réclament une distribution plus élevée de ses bénéfices sous forme de dividende que les 40% habituellement pratiqués. A son crédit, Oliver Baete peut compter sur une très bonne connaissance des rouages du groupe et de solides compétences techniques acquises au cours de ses multiples fonctions, comme directeur financier et des risques, ou directeur des opérations.
Plus d'articles du même thème
-
L’espoir autour de l’Iran prolonge l’euphorie des marchés
Wall Street avait un peu accusé le coup après la première réunion de la Fed sous Kevin Warsh mercredi. Si les investisseurs obligataires restent dubitatifs, la détente sur les prix de l’énergie synonyme de moindre inflation en cas de réouverture du détroit d’Ormuz pourrait soutenir encore un peu plus les actions et l’IA. -
Les patrons du CAC 40 ont besoin d’enrichir leurs compétences pour transformer l’entreprise
Dirigeants et administrateurs relèvent un décalage important entre les compétences du directeur général et celles nécessaires pour atteindre les objectifs stratégiques. Plus que les autres pays européens, les grandes entreprises françaises privilégient un patron issu de l’interne avec un profil très opérationnel. -
Pour ses cinq ans en France, Klarna veut être considérée comme une banque
Le champion du paiement fractionné suédois a une licence bancaire depuis 2017. Il veut convaincre les Français d'utiliser ses produits bancaires présents sur sa super-app rose.
ETF à la Une
Generali Investments va lancer ses premiers ETF actifs en Europe
- La Région Auvergne-Rhône-Alpes lance un appel d'offres pour un fonds défense de 100 millions d'euros
- Les zinzins de l'espace sont prêts pour le décollage boursier de SpaceX
- La frontière entre actifs cotés et non cotés s'estompe dans les allocations institutionnelles
- Des investisseurs institutionnels interpellent les chefs d'Etat sur le marché européen du carbone
- Le fonds Défense de Bpifrance collecte 100 millions d'euros auprès des particuliers
Contenu de nos partenaires
-
EXCLUSIF Surprise gâchéeDrogue : après le choc de la circulaire Lecornu, le gouvernement en quête... d'auto-tests
Le processus de dépistage de produits stupéfiants annoncé par le Premier ministre mardi soir connaît encore des balbutiements. -
Anniver-cherLa loi de financement de la Sécu a 30 ans… Et cherche toujours l’équilibre
Le dernier texte voté par les parlementaires actant un excédent des comptes sociaux remonte à 2001. Sans redressement notable, le déficit devrait continuer de s'aggraver ces prochaines années -
EditoCanicule : l'immobilisme ne rafraîchit pas
La France a (trop) chaud, alors la France s'arrête. Est-ce vraiment durable ?