Le MES et l’EBA soutiennent de concert l’idée d’une «bad bank» européenne
Andrea Enria, le président de l’Autorité bancaire européenne (EBA), invité à Luxembourg par le directeur général du Mécanisme européen de stabilité (MES) Klaus Regling à présenter la situation du secteur, a plaidé pour une intervention publique forte afin d’accélérer le nettoyage des bilans. Allant au-delà de ses recommandations faites en juillet sur les prêts non performants (NPL), il a prôné la création d’un cadre commun pour des «sociétés de gestion d’actifs» afin de faciliter la vente de ces prêts grâce à un soutien financier des gouvernements. Montant évoqué: 250 milliards d’euros, un quart des créances douteuses identifiées.
«L’intervention publique est très utile pour faire décoller» ces bad banks, a-t-il expliqué. Et d’ajouter que si on «allait jusqu’à une société couvrant toute l’Europe, il n’y aura pas de transfert des coûts (entre pays européens) et pas de risque grâce à la clause de récupération». L’EBA promeut en effet un modèle où la durée de détention des NPL serait limitée dans le temps, les créances n’ayant pas trouvé preneur revenant à la banque.
Andrea Enria a trouvé le soutien appuyé de Klaus Regling, qui a jugé l’idée «particulièrement opportune et bienvenue». Le plan «ne suppose aucune mutualisation des risques, ce qui ne serait pas acceptable». Et d’ajouter : «plus d’activité bancaire transfrontalière et d’intégration des marchés financiers augmenterait la stabilité de la zone euro, car ce serait plus de partage économique du risque». Pour Andrea Enria, «le problème est si grand qu’il est pertinent (de le traiter) pour l’UE dans son ensemble». En juin, le stock de NPL s’élevait à 5,4% du total des bilans bancaires européens, et dépassait 10% dans dix pays.
Mais les deux dirigeants ont démenti avoir un plan précis, appelant à prendre le meilleur des expériences passées. Andrea Enria a précisé que la direction de la concurrence à la Commission européenne devrait aider à établir «les critères» de fonctionnement. La clause de récupération, tout comme le processus d’évaluation des créances et l’investissement public devraient en effet respecter la législation sur les aides d’Etat.
Selon Klaus Regling, cela «prendra du temps» et demandera «beaucoup d’argent public au début». La bad bank pourrait aussi aider à terminer l’exercice de réduction des risques, condition sine qua non pour achever le 3e pilier de l’Union bancaire et faire du MES son filet de sécurité.
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