Le marché s’inquiète de l’exposition des banques américaines à la France
Si les banques américaines semblent avoir des expositions «maîtrisables» aux pays européens en difficulté, les montants qu’elles ont engagés en France sont en revanche beaucoup plus élevés et leurs expositions aux banques hexagonales, dont la solidité financière inquiète les marchés, apparaît significative. Selon une étude de CreditSights, la banque américaine la plus exposée à la France est Goldman Sachs avec 47,3 milliards de dollars d’encours transfrontaliers au 30 juin, dont 38,5 milliards alloués aux banques françaises.
Vient ensuite Citigroup, exposé à la France à hauteur de 44 milliards de dollars bruts, dont 15,7 milliards (36%) aux banques. Citigroup et Goldman Sachs ont augmenté leur exposition aux banques françaises de 40% et de 31% respectivement au premier semestre, avant l’accélération de leur recul en Bourse. JP Morgan, Bank of America (BoA) et Morgan Stanley détiennent respectivement 40 milliards, 31,9 milliards et 29,3 milliards d’encours transfrontaliers exposés à la France, dont 16,5 milliards, 11 milliards et 21,7 milliards rien qu’aux banques, selon CreditSights.
Au regard des piètres performances boursières des banques américaines ces dernières semaines, le marché semble, entre autres, s’inquiéter de cette importante exposition à la France et surtout à ses banques qui affichent des replis boursiers encore plus importants. Mais ce n’est pas tant l’importance des montants engagés qu’il pointe en premier chef mais le manque de transparence sur la façon dont les banques gèrent les risques liés à la France et à l’Europe.
«Un peu plus de transparence permettrait de soulager grandement les nombreuses inquiétudes d’investisseurs concernant l’ampleur de ces expositions», estime Andrew Karolyi, professeur de finance à l’université américaine de Cornell cité par Bloomberg. «Il y a un nuage d’incertitude qui pend au-dessus des banques américaines vis-à-vis de l’étendue des expositions qu’elles ont aux banques françaises et européennes. Le marché ne réagit clairement pas bien à ce qu’il voit.»
L’exposition des banques américaines aux pays en difficulté que sont la Grèce, le Portugal, l’Irlande, l’Espagne et l’Italie reste nettement moins élevée. Bank of America a fait état d’une exposition totale de 16,7 milliards de dollars à ces cinq pays tandis que celle de JP Morgan atteint 14 milliards. L’exposition nette financée de Citigroup s’élève à 13,5 milliards contre 3,1 milliards pour Goldman Sachs et 2 milliards pour Morgan Stanley.
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