Le marché salue CASA pour l’avancée de la cession d’Emporiki
Cela faisait longtemps que Crédit Agricole SA, la structure cotée de la banque verte, n’avait pas connu pareille fête: son cours de Bourse s’est apprécié de 7,82% pendant la séance d’hier, pour clore à 5,76 euros, en hausse de 7,36%. C’est dire si l’annonce de l’entrée en négociation exclusive de CASA avec Alpha Bank pour lui vendre sa filiale grecque Emporiki a été bien perçue.
Ce n’est pas le prix de cession – un euro – qui motive la satisfaction générale. CASA, conseillée par le cabinet Cliffort Chance, va en outre devoir recapitaliser Emporiki à hauteur de 2,85 milliards d’euros; les autorités hellènes ont ainsi obtenu 550 millions d’euros de plus que ce qui avait été annoncé par la banque française en août dernier. Par ailleurs, celle-ci va souscrire pour 150 millions d’euros d’obligations convertibles en actions Alpha Bank, «remboursables sous conditions et à l’initiative de CASA», précise cette dernière. Elle a donc réussi à éviter une prise de participation minoritaire mais directe, que craignaient certains analystes.
Mais l’essentiel de la bonne nouvelle consiste en la quasi-certitude de voir la banque française enfin débarrassée du risque grec, qui leste ses comptes, sa liquidité et ses perspectives boursières depuis deux ans. En effet, la recapitalisation et la souscription des obligations convertibles viendront réduire d’autant les financements intragroupes accordés par CASA à sa filiale. Le «funding» de 4,6 milliards d’euros à la fin du premier semestre se voit donc allégé de 3 milliards d’euros.
Selon l’offre ferme d’Alpha Bank, conseillée par le cabinet Skadden, la ligne de liquidité résiduelle de 1,6 milliard sera remboursée en trois échéances, la dernière intervenant fin 2014. Entretemps, elle se voit garantie par des «actifs de qualité» (c’est-à-dire non grecs) de l’établissement hellène – un terme bien perçu par les analystes.
Par ailleurs, des discussions ont également cours concernant le transfert vers CASA d’un portefeuille d’actifs d’un milliard de dollars appartenant à Emporiki, constitué de prêts au transport maritime. Ce portefeuille pourrait également venir en déduction du financement de CASA. L’accord, que la banque française espère conclure définitivement avant la fin de l’année, devrait produire ses effets comptables et en matière de solvabilité au quatrième trimestre.
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