Le marché punit sévèrement la Société Générale dans le dossier des subprimes
Encore une fois, la Société Générale n’a pas été épargnée en Bourse. Le titre a perdu jusqu’à 9,4% hier, terminant la séance en recul de 8,6% à 20,25 euros.
Certes, les investisseurs ont également exprimé leur méfiance à l’égard de la solidité des banques européennes en général. Mais le fait que la Générale figure dans la liste des 17 établissements poursuivis par la Federal Housing Finance Agency (FHFA) – qui supervise les actifs hypothécaires détenus notamment par Fannie Mae et Freddie Mac – creuse un peu plus le fossé entre les marchés et l’établissement de La Défense.
Pourtant, des 17 groupes, la Société Générale est celui qui a vendu le moins de contrats RMBS (residential mortgage-backed securities, titres adossés à des prêts hypothécaires résidentiels) aux deux institutions américaines, donc le moins susceptible de souffrir des conséquences d’une condamnation. La banque française a cédé 1,3 milliard de dollars de contrats, contre, par exemple, 30,4 milliards pour RBS et 14 milliards pour Deutsche Bank et Credit Suisse. A titre de comparaison, ces trois banques ont respectivement perdu jusqu’à 12,5%, 10% et 9,8% hier en séance, clôturant à 21,8 pence (-12,3%), 23,7 euros (-8,8%) et 20 francs suisses (-8,1%).
Si l’on inclut UBS, poursuivi dans le cadre d’une procédure antérieure, les banques européennes ont vendu 75,6 milliards de dollars de RMBS auprès de Freddie Mac et de Fannie Mae, soit 38% du total (200,6 milliards). L’américain JPMorgan est le plus exposé aux poursuites, avec un montant de 33 milliards. «Dans ce genre de cas, il est impossible de mesurer la crédibilité de la plainte, l’efficacité de la défense des banques et le montant des compensations éventuelles», expliquent les analystes de CreditSights. «De telles enquêtes, en plus de leur lot d’incertitudes, affectent directement la capacité d’emprunter des banques et, selon les montants des amendes, leur rentabilité», écrivent ceux de Louis Capital Markets.
La Société Générale n’a pas souhaité indiquer si elle a provisionné ce risque, et n’a pas fait d’autres commentaires. La FHFA, dans sa plainte, évoque un taux de perte de 20% sur les investissements dans les titres vendus par UBS. Pour la Société Générale, elle évoque simplement des «dommages significatifs». Si la banque française devait la dédommager à hauteur de 20%, l’impact maximum sur son cours de Bourse serait de 1%, calculait hier BoA Merrill Lynch. Bien loin de la chute enregistrée hier.
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