Le marché obligataire pénalise Barclays
Barclays a payé son écot au ralentissement du marché obligataire, consécutif aux incertitudes exprimées par les investisseurs au troisième trimestre concernant la politique monétaire américaine. Comme la plupart de ses concurrentes, la banque britannique subit un recul de ses revenus dans le trading sur les taux, change et matières premières (FICC, fixed income, currencies and commodities). Ils reculent lourdement par rapport au troisième trimestre 2012 (-44% à 940 millions de livres).
Barclays est davantage affectée que ses rivales. Ainsi, Citi accuse une baisse de 26% de ses revenus en FICC à 2,8 milliards de dollars, UBS de 25% à 312 millions de francs suisses, Bank of America de 20% à 2 milliards de dollars et JPMorgan de 8% seulement à 3,4 milliards de dollars. Seule Deutsche Bank fait pire, en cédant 48% à 1,3 milliard d’euros.
La bonne tenue des autres activités de banque d’investissement n’a pas suffi: les revenus du trading actions progressent de 23% à 645 millions de livres et ceux du conseil (émissions primaires, fusions-acquisitions…) de 6%, à 525 millions. Les revenus totaux de la banque d’investissement reculent de plus de 22% et son bénéfice avant impôt plonge de 53% (à 463 millions). Cette baisse constitue quasiment à elle seule l’évolution négative du résultat imposable du groupe (-26%, à 1,385 milliard). Le rendement des fonds propres du groupe recule de 2,6 points de pourcentage, à 7,1%. En effet, les activités de réseau de Barclays stagnent pour l’essentiel, mis à part la banque d’entreprises (corporate banking), qui triple son bénéfice imposable (à 276 millions).
Mais surtout, les investisseurs ont apprécié la quasi-absence d’éléments exceptionnels négatifs, en particulier de nouvelles provisions pour risques de litige, qui ont largement grevé les comptes des concurrents européens, comme Deutsche Bank, Lloyds Banking Group ou encore UBS. Ainsi, Barclays n’a passé aucune charge à l’égard des PPI au troisième trimestre, alors qu’il en a comptabilisé plus de 1,3 milliard de livres au trimestre précédent et 700 millions un an plus tôt. Quant aux dépréciations de créances, elles ont reculé de 6% au cours des neufs premiers mois 2013 (à 2,35 milliards), dont une baisse de 42% dans la banque d’entreprises.
Mais Barclays n’est pas à l’abri pour autant. La banque a confirmé le lancement d’une enquête interne sur les soupçons de manipulation des changes.
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L'Union européenne dégaine ses mesures face à l'envolée du prix des engrais
Strasbourg - L’Union européenne s’apprête à débloquer des fonds mardi pour aider les agriculteurs face à la flambée du prix des engrais, une tendance qui s’est encore accentuée depuis le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient. Pour mettre la pression, des organisations agricoles ont prévu dès le matin un rassemblement devant le Parlement européen à Strasbourg, où la Commission doit dévoiler son plan d’action. «Les agriculteurs abordent la prochaine saison d’achat (d’engrais) dans un climat d’extrême incertitude, sur le coût, mais aussi sur la disponibilité effective des engrais», met en garde le Copa-Cogeca, qui rassemble les principaux syndicats agricoles européens. Avant le conflit au Moyen-Orient, 30% des engrais mondiaux transitaient par le détroit d’Ormuz. Depuis fin février, le prix des fertilisants a bondi en Europe. Ceux à base d’azote coûtent autour de 500 euros la tonne désormais, contre quelque 380 euros l’hiver dernier. A cela, s’ajoute l’envolée du coût du gazole pour les tracteurs, qui a poussé nombre d’Etats à sortir le carnet de chèques pour limiter la facture. La Commission européenne, qui avait promis bien avant cette guerre des mesures en faveur des agriculteurs, se retrouve sous forte pression. La guerre «a créé une prise de conscience de la nature stratégique du secteur des engrais». Le plan d’action européen est monté de «quelques crans en termes d’importance politique», souligne Tiffanie Stephani, chez Yara, l’un des plus gros producteurs d’engrais en Europe. A court terme, Bruxelles va puiser dans la «réserve agricole», des fonds européens destinés aux situations de crise pour soulager le secteur. Il reste environ 200 millions d’euros dans cette enveloppe pour l’année 2026. La situation est particulièrement difficile pour les céréaliers. Gros consommateurs d’engrais, ils sont dans le rouge depuis trois ans à cause de l’effet combiné d’une récolte de blé catastrophique en 2024 et d’une année 2025 déjà marquée par des engrais très chers ainsi qu’un blé sous les 200 euros la tonne en France, confrontée à une concurrence internationale accrue. Taxe carbone pas remise en cause Au-delà de l’urgence, l’Union européenne, qui importe 60% des engrais qu’elle consomme, promet d’agir à plus long terme avec deux mots d’ordre: la diversification des approvisionnements et l’augmentation de la production européenne. Bruxelles pourrait aussi assouplir ses règles sur les nitrates pour autoriser les paysans à utiliser davantage de digestat, des résidus issus de la méthanisation des déchets organiques utilisés comme alternatives aux engrais chimiques. Cet assouplissement inquiète les organisations environnementales, qui craignent des pollutions de l’eau. En dépit des appels de plusieurs pays, dont la France, et des agriculteurs, l’exécutif européen n’a en revanche pas l’intention de suspendre sa taxe carbone aux frontières (CBAM) sur les engrais, en place depuis le 1er janvier pour décarboner le secteur et soutenir les producteurs européens. Sur ce volet, la Commission a «déjà pris des mesures pour aider les agriculteurs», insiste une porte-parole, avec une suppression temporaire de droits de douane sur les fertilisants, hors Russie et Bélarus, et une adaptation de la taxe carbone afin «d’atténuer fortement son impact». Remettre en cause cette taxe ouvrirait une brèche dans un mécanisme qui concerne d’autres secteurs polluants, comme l’acier, l’aluminium, le ciment, l'électricité et l’hydrogène. Et cela désavantagerait les fabricants européens, qui tentent d’augmenter leur production. Le mécanisme européen «est vraiment indispensable pour garantir une concurrence équitable pour notre secteur», revendique ainsi Tiffanie Stephani. L’Union européenne ne reviendra pas non plus sur l’augmentation progressive des taxes sur les engrais russes et bélarusses, dont Bruxelles voudrait définitivement se passer afin de priver Moscou de ressources qui financent la guerre en Ukraine. Face à la dépendance persistante de l’Europe aux importations, l’un des grands enjeux est le développement d’engrais alternatifs, bas carbone. Jusqu’ici, cette ambition a buté sur des coûts de production souvent très élevés, notamment en raison du prix de l'énergie. Plusieurs projets ont été abandonnés, dont une initiative en Autriche, baptisée «Green Ammonia Linz». Adrien DE CALAN © Agence France-Presse