Le marché espagnol continue à peser sur les résultats de BBVA
BBVA plie mais ne rompt pas. La banque espagnole a vu son résultat net chuter de 29,5% sur un an au troisième trimestre à 804 millions d’euros, en raison de «la situation de convulsion sur les marchés» et de l’effondrement du marché immobilier espagnol. Sur les neuf premiers mois de l’année, le bénéfice net est en baisse de 14,1% à 3,14 milliards d’euros, en ligne avec le consensus Reuters. «Nous avons atteint une situation de stress maximal en termes de liquidités et de risque souverain, surtout dans la zone euro» explique le communiqué.
Hors activités de trading, la baisse est plus modérée à 4,8%, confirmant la résistance du groupe. La marge d’intérêts a progressé de 1,3% à 3,286 milliards d’euros (contre 3,218 milliards attendus) sur le trimestre et recule de 5% à 9,68 milliards d’euros sur neuf mois. Ses activités en Eurasie, de la Turquie à la Chine, représentent 17,2% du résultat du groupe depuis le début de l’année. «La baisse des revenus du trading a été plus forte que nos prévisions, mais les résultats restent relativement bons», estime un analyste de la place.
Le point noir reste le marché domestique. En août, les transactions immobilières ont chuté de 38% sur un an et les prix ont baissé de 20% depuis 2008. Avec 700.000 logements vacants, la banque centrale estime que la baisse pourrait atteindre 25%. Si la part des créances douteuses dans le total des prêts accordés reste stable à 4,1% fin septembre (contre 4% fin juin), elle progresse de 0,2 point en Espagne à 4,9%. Dans ce contexte, le bénéfice a chuté de 38% en Espagne sur neuf mois avec une chute des revenus de 10% et une hausse de 36% des provisions pour créances douteuses.
Le groupe s’était bien sorti des stress tests de l'été et confirme la solidité de son ratio de fonds propres durs, à 9,1% fin septembre, contre 9% fin juin et 8,2% fin septembre 2010. Alvaro Nadal, membre du Parti Populaire qui devrait remporter les prochaines élections, souhaite changer les règles comptables afin de faciliter les cessions d’actifs et l’amortissement des créances douteuses, qui ont entraîné 105 milliards d’euros de provisions par les banques du pays depuis 2008.
L’action BBVA a fait mieux que celles de ses concurrentes, affichant un recul de 17% depuis le début de l’année, contre une baisse 24% pour Banco Santander et de 30% de l’indice Bloomberg du secteur composé de 46 établissements financiers européens.
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