Le Lloyd’s renoue avec les profits malgré l’ouragan Sandy
Richard Ward, directeur général de Lloyd’s, a du mal à cacher sa satisfaction. Le marché tricentenaire de l’assurance londonienne, qui avait été fortement impacté en 2011 par les inondations en Thaïlande et par le tsunami au Japon, est finalement revenu dans le vert en 2012, avec des profits de 3,41 milliards d’euros, comparés à une perte de 619 millions d’euros en 2011. Au total, le montant des indemnisations a atteint cette année 12,4 milliards d’euros, dont 1,7 milliard pour l’ouragan Sandy, qui avait frappé les Caraïbes et les Etats-Unis en octobre dernier.
«Nous avons aussi constaté une croissance du marché, certes pas vraiment spectaculaire, mais une croissance tout de même dans un contexte économique peu favorable», a relevé le directeur général du Lloyd’s. Au total, les primes ont progressé de 9% pour atteindre 25,5 milliards de livres, soit près de 30 milliards d’euros. Conséquence d’une année relativement paisible, le ratio combiné du Lloyd’s a progressé à 91,1% comparé à 106,8% l’an dernier.
Ses revenus d’investissement sont aussi ressortis à la hausse à 1,3 milliard de livres, comparé à 955 millions de livres en 2011 : «La diversification de nos actifs dans notre fonds central nous a permis de dégager des rendements élevés», a expliqué Luke Savage, directeur financier du Lloyd’s of London, «nos obligations gouvernementales, qui constituent près du tiers de nos actifs dans ce fonds, constituent des valeurs sûres et excluent des pays comme la Grèce, l’Espagne ou encore Chypre».
La direction du Lloyd’s s’est aussi félicitée du renforcement de l’ensemble des ressources financières du groupe, qui s’élèvent à 72,9 milliards d’euros.
Sur une note moins positive, Richard Ward s’est dit extrêmement frustré par le report de la directive Solvabilité 2 : «Il est extrêmement décevant d’avoir dépensé des millions de livres dans ce projet et de le voir repoussé. L’idée de cette réglementation européenne est d’instaurer un équilibre en matière de capitalisation entre les différents assureurs et nombre de nos compétiteurs en sont encore à investir dans la mise en conformité de leurs modèles. La Commission européenne ne sort pas grandie de cette affaire».
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