Le Lloyd’s de Londres plie mais ne rompt pas face aux catastrophes naturelles

Le marché de l’assurance estime notamment à 2 milliards de dollars sa facture propre en lien avec le tremblement de terre du 11 mars au Japon
Benoît Menou

Le Lloyd’s of London a les reins suffisamment solides pour absorber le coût des catastrophes naturelles majeures qui se sont enchaînées au premier trimestre. C’est ce dont le marché tricentenaire de l’assurance s’est targué vendredi en estimant le coût de ces catastrophes dans ses comptes à 3,8 milliards de dollars (2,7 milliards d’euros). A savoir 1,95 milliard pour le séisme et le tsunami de mars au Japon, 1,2 milliard pour le tremblement de terre de février en Nouvelle-Zélande et 650 millions pour les inondations de janvier en Australie.

Fin mars, le Lloyd’s avait fait état pour 2010 d’un ratio combiné (rapport entre frais de gestion et coût des sinistres d’un côté et primes encaissées de l’autre) détérioré de 7,2 points à 93,3% et d’un résultat net en repli de 43% sous le poids des catastrophes, au premier rang desquelles le tremblement de terre au Chili. Il avait assuré que sa solidité financière lui permettrait d’absorber le coût des catastrophes de 2011.

Le Lloyd’s a assuré que les montants d’indemnisations estimés s’avèrent bien inférieurs aux pires scénarios auxquels il s’était préparé et qu’il n’aura donc aucune peine à satisfaire ses obligations. Le marché londonien a tenu à souligner que ses estimations se fondent sur des pertes totales pour le secteur conformes à celles communément envisagées. Concernant le séisme nippon du 11 mars particulièrement, il table sur un coût total de 30 milliards de dollars, là où le marché envisage une fourchette de 20 à 34 milliards. Les estimations du Lloyd’s de coût total pour le marché s’élèvent à respectivement 9 milliards en Nouvelle-Zélande et à 5 milliards en Australie.

Dès lors, le directeur général Richard Ward affirmant que «le Lloyd’s est mieux capitalisé que jamais», les réserves propres du marché de l’assurance ne seront pas sollicitées et il ne sera pas fait appel au fonds central, un filet de sécurité destiné à couvrir les indemnisations qu’un syndicat membre ne pourrait satisfaire.

Il ne s’agit bien sûr encore que d’estimations comme le reconnaît le Lloyd’s, qui concède que l’impact financier d’une catastrophe peut se développer sur une longue période. En outre, le marché n’a pas encore communiqué sur le coût des tornades ayant sévi aux Etats-Unis le mois dernier. De l’aveu même du Lloyd’s, cette cascade de catastrophes ne manquera pas de susciter à brève échéance une tension sur les primes.

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