Le gouvernement veut sécuriser le taux du Livret A pour éviter l’hémorragie
A son plus bas niveau depuis le 1er août, le taux du Livret A pourrait rester inchangé le 1er février prochain. «Le gouvernement sera très attentif au pouvoir d’achat des épargnants, compte tenu du fait que nous avons d’ores et déjà, avec 1,25 %, atteint un taux bas», a déclaré hier Pierre Moscovici sur RTL. Le ministre de l’Economie donne ainsi le «la» à la Banque de France qui réexamine le taux du Livret A tous les six mois.
Attendue une fois les chiffres de l’inflation française connus mi-janvier, la recommandation de son gouverneur pourrait une fois de plus connaître un sort éminemment politique: logiquement, le taux du Livret A et du Livret de développement durable devrait tomber à 1%, compte tenu du niveau très bas des taux interbancaires et de l’indice des prix hors tabac, utilisés dans sa formule de calcul. Un statu quo ne serait pas du goût des banques qui doivent rémunérer le placement de court terme préféré des Français, avec 261,8 milliards d’encours à fin novembre. Il pourrait aussi pénaliser le coût du financement du logement social auquel sont destinés les encours centralisés à la Caisse des Dépôts. Cette dernière avait déjà dû rendre cet été 30 milliards de «surplus» aux banques françaises, en quête de liquidité pour améliorer leurs ratios financiers.
Pour le gouvernement, un coup de pouce aux épargnants serait bienvenu à quelques semaines des municipales, et après les hausses de TVA du 1er janvier. Si ces dernières pénalisent le pouvoir d’achat, elles pourraient aussi favoriser l’inflation, donc justifier in fine le maintien d’un taux de 1,25%, un plancher déjà atteint en 2009-2010 mais jamais crevé.
Bercy cherche aussi à éviter une hémorragie du Livret A. Après l’abaissement de son taux cet été, il a subi 3,8 milliards d’euros de sorties nettes entre début septembre et fin novembre, une première depuis la très faible décollecte de novembre 2011. Les flux restent tout de même positifs de 11,79 milliards d’euros sur onze mois, grâce au relèvement de son plafond en octobre 2012 et janvier 2013.
L’exécutif vient aussi d’assouplir les conditions d’accès au livret d’épargne populaire (LEP) et planche sur une réforme du plan d’épargne logement (PEL), le plus rémunérateur des placements défiscalisés (2,5% pour les plus récents). En contrepartie d’une éventuelle suppression de la prime d’Etat, son plafond pourrait être augmenté et le taux des prêts auquel il donne droit, diminué.
Plus d'articles du même thème
-
Boeing n’a pas surmonté tous ses obstacles dans l’aviation civile
S’il a réduit son endettement net à fin septembre, le groupe aéronautique peine toujours à augmenter le rythme de production de ses appareils monocouloirs 737 Max. -
Les salariés des caisses régionales du Crédit Agricole obtiennent près de 2,2% d’augmentation
Dans le sillage de la hausse collective accordée par BNP Paribas à la plupart de ses salariés, les banques régionales de la banque verte se montrent nettement plus généreuses que l’an dernier. -
Dans la tech, la dette ne s'envole pas chez tout le monde
Alors que la course à l’intelligence artificielle fait rage, la plupart des géants de la tech empruntent comme jamais dans leur histoire pour financer des investissements mirobolants. Par choix ou grâce à leur modèle, certains se montrent toutefois moins dispendieux.
ETF à la Une
Amundi commercialise ses premiers ETF actions gérés activement
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Le taux souverain français dépasse 5%
- Les banques françaises restent très dépendantes de leur marché domestique
- Les autorités françaises publient leurs propositions sur le règlement européen MiCA
- La croissance d'Hermès ralentit et son titre plonge
Contenu de nos partenaires
-
Tout est pardonnéIran : les puissances régionales se débrouillent sans Donald Trump
De hauts représentants de l'Arabie saoudite, du Pakistan et de la Turquie se sont rendus ensemble à Téhéran pour dialoguer directement et ouvertement avec le régime iranien -
MitigéFrance 2030 : trop de subventions, pas assez de stratégie d'après la Cour des comptes
Les magistrats de la rue Cambon saluent la rapidité d'exécution du plan massif d'investissement en cours de déploiement, mais soulignent aussi ses défauts stratégiques -
Mauvais endroit, mauvais momentLoi casseurs-payeurs : la fin de l'impunité ?
Responsabilité collective, sanctions sur les prestations sociales, contrôle des contenus en ligne : la loi, examinée au Sénat, promet fermeté et autorité. Mais elle bouscule aussi la liberté de manifester