Le FMI s’alarme de l’exposition des assureurs vie allemands aux taux bas
Le secteur de l’assurance vie allemand est très exposé aux taux d’intérêt faibles, met en évidence le Fonds monétaire international (FMI) dans un rapport publié le 21 juillet sur les risques posés à l'économie de l’Allemagne. Les compagnies sont en risque en raison des taux garantis à leurs assurés, jusqu'à 4% par an durant les années 90, alors que le Bund 10 ans traite aujourd’hui à 1,15%.
Si l’ensemble du secteur est touché en Europe – avec une contraction de 3% par an de 2009 à 2013 pour les acteurs généralistes à prédominance vie en Europe – les assureurs allemands apparaissent particulièrement vulnérables. «La garantie historique relative aux taux de réinvestissement», d’environ 3% aujourd’hui, et «l’importance des écarts de duration entre actifs et passifs» les fragilisent dans un environnement de taux bas, précise le FMI. Les petites structures devraient être les plus touchées par la fonte de leurs marges. Les grands groupes tels qu’Allianz, Axa et Ergo disposent d’actifs dont la duration est plus longue - située entre 8 et 9 ans à la fin de l’année 2012 contre 6 ans pour la moyenne du marché – ce qui lisse les effets du réinvestissement dans des titres à faible rendement.
Les derniers stress tests menés par la Bundesbank en novembre dernier confirment la situation délicate à laquelle pourraient être confrontés les compagnies vie allemandes si la période de faibles taux se prolongeait. «Plus de 10 % des assureurs vie ne parviendraient plus à remplir les conditions de fonds propres (sous Solvabilité I) en 2018, et plus d’un tiers d’ici à 2023», précise le rapport. L’entrée en vigueur à partir de janvier 2016 de Solvabilité 2 devrait encore accélérer ce processus: les exigences de fonds propres, basées sur le risque, vont croître pour les contrats garantis.
Face à la détérioration des perspectives de l’assurance vie, le ministre allemand des Finances a proposé en juin 2014 un certain nombre de mesures législatives telles que l’interdiction du paiement de dividendes si les exigences en terme de garanties ne sont pas remplies ou la réduction des taux d’intérêt garanti pour les nouvelles affaires.
S’ils sont adoptés, ces textes viendront compléter le schéma de garantie mis en place depuis 2003 et le fonds de réserve complémentaire instauré en 2011. Les provisions de ce dernier pourraient se révéler insuffisantes pour absorber le manque à gagner lié aux taux bas, estimé à 100 milliards d’euros en 2012.
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