Le FMI prône une consolidation des banques européennes
Les banques européennes ont besoin de mesures « urgentes et exhaustives » pour traiter le problème des créances douteuses et revoir leurs modèles économiques, qui menacent de peser durablement sur leur rentabilité, a déclaré aujourd’hui le Fonds monétaire international (FMI) dans la nouvelle édition de son Rapport sur la stabilité financière dans le monde. Il évalue la part des banques européennes « saines » à 17% en 2015.
Selon l’organisation, la rentabilité limitée par des taux d’intérêt bas et la croissance faible pourrait éroder les bilans des banques européennes, nuire à leur capacité à soutenir la reprise économique et compromettre la stabilité. Dans ce contexte, « la réduction des prêts non-performants et le traitement des manques de fonds propres des banques faibles sont une priorité ».
Devant la presse, Peter Dattels, le directeur adjoint du FMI en charges des marchés monétaires et de capitaux, a évalué le montant des prêts non-performants à environ 900 milliards d’euros en Europe. Il estime qu’« il y a tout simplement trop d’agences avec trop peu de dépôts et trop de banques dont les coûts de financement sont bien supérieurs à ceux de leurs concurrentes ». Selon le FMI, qui reprend ainsi une position récemment tenue par le président de la BCE, l’adoption des mesures nécessaires se traduirait par une augmentation de la rentabilité globale des banques européennes de 40 milliards de dollars (35,7 milliards d’euros) par an.
Même si le rapport ne nomme aucune banque en particulier, le cas de Deutsche Bank (menacée par la justice américaine d’une amende de 14 milliards de dollars) devrait être abordé lors des réunions du FMI, de la Banque mondiale et de l’Institut de finance international (IIF), l’une des principales fédérations bancaires du monde, dans les prochains jours à Washington.
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