Le financement des PME est au cœur des discussions sur Bâle 3
Un peu plus d’an an après la présentation du projet de réglementation sur les capitaux bancaires dite «CRD 4», les discussions entre législateurs achoppent toujours sur plusieurs points et notamment sur le traitement des prêts aux PME. «Il faut trouver quelque chose qui ne décourage pas les prêts à l’économie réelle tout en tenant compte des aspects prudentiels», indique une source européenne.
L’Autorité bancaire européenne a récemment proposé une solution qui pourrait convenir à la fois aux ministres des Finances et aux députés. Elle recommande de s’en tenir à l’idée du Parlement consistant à appliquer un coefficient de 0,76 aux risques PME (ce qui revient à stériliser l’effet de Bâle 3) mais uniquement dans les phases hautes du cycle économique.
En phase basse, l’EBA plaide pour un «rabais» en capital calculé sur l’ensemble des expositions aux PME. Pour les ratios de liquidité, la marge de manœuvre laissée à la Commission européenne devrait finalement être assez large. «A l’origine la période d’observation prévue par Bâle devait se limiter aux éventuelles conséquences inattendues des ratios, en réalité le champ de l’examen sera finalement plus large», note une source européenne. La solution actuellement en discussion consiste à inscrire dans le règlement les deux ratios: le LCR à 30 jours et le NSFR à un an, ainsi que la définition des actifs liquides.
Mais il reviendrait ensuite à la Commission européenne, sur le conseil de l’Autorité bancaire européenne, d’indiquer respectivement en 2014 et en 2015, quelle pondération il convient d’appliquer aux différents actifs. «L’idée est de garantir dans la législation que les ratios soient contraignants», indique l’eurodéputé Philippe Lamberts, rapporteur pour le groupe des Verts.
La définition des capitaux «durs» n’est elle non plus pas réglée, pas plus que la sempiternelle question de la flexibilité laissée aux régulateurs nationaux pour éventuellement rehausser le niveau des capitaux obligatoires. Certains pays, au premier rang desquels le Royaume-Uni, tiennent à sauvegarder un pouvoir discrétionnaire en la matière, la Commission ne voulant laisser les régulateurs nationaux décider que sous son contrôle ou celui de l’EBA.
Plusieurs réunions techniques sont prévues d’ici la rentrée. Le Parlement espère toujours voter en octobre. La Commission parle de l’ «automne».
Plus d'articles du même thème
-
Universal Investment acquiert un TPM londonien
Le fournisseur de services aux fonds et sociétés de gestion Universal Investment a mis la main sur Cadarn Capital, un tierce-partie marketeur établi à Londres et disposant d’une antenne au Danemark. Le montant de la transaction n’a pas été dévoilé. -
Le fonds norvégien réalise un investissement direct dans le stockage par batterie
L’investisseur souverain co-investit à hauteur de 10% de l’actif auprès de Brookfield dans l’infrastructure énergétique américaine Aypa Power. -
M&G enregistre son septième trimestre de collecte nette dans la gestion d’actifs
La collecte de l’asset management ressort à 700 millions de livres sur les trois mois à fin septembre 2026. Il s’agit d’un ralentissement par rapport à l’an dernier.
ETF à la Une
Près d’un quart de la collecte d'octobre sur les ETF en Europe s’est dirigé vers les actifs américains
- Jean-Pierre Thomas (TVI) : «Il n’y a pas de dossier Thomas Vendôme Investment mais un dossier Malakoff Humanis»
- La Société Générale fait son retour vers les futures
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- Crédit Mutuel Arkéa avoue être victime d'une cyberattaque historique
- 2CRSI n’arrive pas à se remettre d’une attaque d’activiste
Contenu de nos partenaires
-
MirageMidterms : mais où est passée la coalition MAGA de Donald Trump ?
Les électeurs hispaniques, noirs et jeunes qui avaient rejoint Donald Trump en 2024 ont tourné casaque et voté pour des démocrates lors des élections de mi-mandat. Reste la base MAGA, loyale et mobilisée, mais étroite -
Budget 2027 rejeté à l'Assemblée : quelles suites maintenant pour le projet de loi de finances ?
Rejeté à l'unanimité par les députés, le projet de loi de finances pour 2027 part au Sénat dans sa version initiale. Faute de majorité, trois issues s'offrent à l'exécutif : aucune n'est sans risque. -
Tribune libre« La France, c’est nous » : Quand le moi fait la loi…
Ramener à soi la France ou la République en dit long sur l’appauvrissement de nos servitudes volontaires