Le directeur général d’Aviva fait les frais de la polémique sur les rémunérations

Andrew Moss lâche les rênes de l’assureur britannique, avec en poche une prime de 300.000 livres
Antoine Duroyon

Après cinq années passés aux commandes d’Aviva, une période au cours de laquelle le cours de l’action a chuté de plus de 60%, Andrew Moss démissionne avec effet immédiat de la direction générale d’Aviva. Son maintien à la tête de l’assureur britannique paraissait compromis depuis le vote de défiance exprimé par les actionnaires lors de la dernière assemblée générale. Jeudi dernier, plus de la moitié d’entre eux avaient rejeté le rapport sur les rémunérations des dirigeants. La décision prise par Andrew Moss, quelques jours auparavant, de renoncer à une augmentation de son salaire de 4,8%, n’avait pas suffi à atténuer leur colère.

«Le conseil d’administration salue son apport au groupe, tant en qualité de directeur général que de directeur financier, et lui souhaite bonne chance dans les prochaines étapes de sa carrière professionnelle», selon le communiqué. Un hommage pour la forme au regard d’un bilan controversé. Pour Investec, Andrew Moss a «bricolé» une stratégie tout au long de sa direction, semant la confusion parmi les investisseurs sur ses objectifs. Sa vision du marché américain, où il a signé le rachat d’Amerus Group pour 3,1 milliards de dollars, paraissait ainsi peu lisible. Et les diverses réorientations stratégiques ont entraîné des défections au sein de l'état-major.

Dans le cadre de son départ, Andrew Moss recevra jusqu'à 1,75 million de livres, a précisé Aviva. Ce montant comprend douze mois du salaire de base pour cette année, soit 960.000 livres, une prime de 300.000 livres au titre de bonus, 209.000 livres tirées d’un plan de retraite, 45.000 livres de frais juridiques et enfin les trois quart du bonus 2009, composé de titres et différé (240.000 livres au cours de mardi).

Andrew Moss sera remplacé, dans l’attente de la nomination d’un sucesseur, par le nouveau président du groupe, John McFarlane. Parmi les prétendants possibles, on cite Andy Haste, l’ancien patron de l’assureur RSA, Pat Regan, le directeur financier, ou encore Trevor Matthews, en charge de l’activité au Royaume-Uni. Dans l’immédiat, la présentation aux investisseurs, prévue le 24 mai, sera reportée après la réunion annuelle du conseil d’administration en juin sur la stratégie.

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