Le développement africain des banques françaises suspendu au contexte politique
La crise politique ivoirienne fait plier la Société Générale (SG). Après la BNP Paribas lundi, c’est au tour de la Société Générale de banques en Côte d’Ivoire (SGBCI), filiale locale de la banque française, d’annoncer la suspension de ses activités avec effet dès aujourd’hui. Hier encore, jour de l’annonce de ses résultats annuels, le directeur des opérations internationales de la banque, Bernardo Sanchez Incera, avait pourtant déclaré que les 52 agences que compose le réseau local de la SG employant quelque 895 personnes, restaient ouvertes.
Le système financier de la Côte d’Ivoire est menacé d’asphyxie après la décision de Laurent Gbagbo de rompre les liens avec la Banque centrale ouest-africaine, qui refuse désormais de reconnaître sa signature. L’Etat a fait défaut sur 2,3 milliards d’Eurobonds, et la Bourse Regionale des Valeurs Mobilieres a été fermée. «Nous sommes confrontés d’une part, à l’impossibilité de faire fonctionner quasi normalement les échanges de compensation entre banques et d’autre part, à l’impossibilité à court terme d’assurer l’approvisionnement de nos caisses en monnaies fiduciaires» explique la Société Générale dans un communiqué sur son site internet. Standard Chartered, BNP Paribas et Citigroup ont dû fermer leurs agences dans le pays, et Laurent Gbagbo de les menacer de poursuites judiciaires.
Mais la Côte d’Ivoire n’est pas un cas isolé, et le contexte tendu en Egypte, en Tunisie et en Algérie pourrait bien mettre à mal les ambitions de développement des banques françaises et internationales sur le territoire africain. Pour le moment, alors que nombre de ses concurrentes ont fermé boutique la semaine dernière en Egypte, les 15 agences de la filiale égyptienne de la SG, National Societe Generale Bank, sont restées ouvertes. «Nous avons un niveau de trésorerie très important en Egypte, ce qui nous donne de larges marges de manœuvre» a déclaré hier Bernardo Sanchez Incera qui a ajouté rester «confiant» sur les potentiels de croissance sur le continent africain.
Le plan intitulé «Ambition SG 2015» avait des objectifs ambitieux concernant son développement en Afrique, avec l’implantation de 380 nouvelles agences, soit une augmentation de 60%, et un objectif de plus de 1,3 million de clients particuliers à terme. Ces ambitions pourraient ainsi se voir contrariées par un contexte politique très incertain.
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