Le destin de Monte Paschi semble durablement lié à celui de l’Etat italien
Banca Monte dei Paschi di Siena (BMPS) est engagée dans une lutte pour sa survie. La banque italienne, qui a obtenu une perfusion de l’Etat de 3,9 milliards d’euros, a annoncé que les termes de la vente de sa participation de 60% au sein de Biverbanca n’avaient pas obtenu l’aval des Fondations Cassa di Risparmio di Biella et di Vercelli. BMPS avait pourtant annoncé en juin la cession de cette participation à CR Asti pour 203 millions d’euros. Si la banque affirme que «des solutions alternatives destinées à mener à bien cette cession sont actuellement à l’étude», il s’agit d’un revers pour la mise en œuvre de son plan de restructuration.
Fin juin, son ratio de solvabilité core tier 1 était en dessous du seuil de 9% en normes EBA. Les «nouveaux instruments financiers» émis par la banque avant fin décembre 2012 et souscrits par l’Etat, d’un montant de 2 milliards d’euros auxquels s’ajoutent 1,9 milliard d’euros se substituant aux Tremonti Bonds émis en 2009, «doivent permettre à BMPS d’afficher un ratio core tier one EBA supérieur à 9% et un ratio Bâle 3 supérieur à 7% en début 2013» selon les analystes d’Aurel BGC. Néanmoins, tant que la Commission européenne n’a pas validé l’émission des nouveaux instruments, la banque reste sous-capitalisée. Elle pourrait en outre poser des conditions, telles que l’interdiction d’exercice de call sur ses dettes subordonnées.
Dans le Wall Street Journal, le directeur général de BMPS, Fabrizio Viola, s’inquiète de la faible valorisation du groupe, inférieure au montant du prêt consenti par Rome. Et d’avertir que «si nous n’arrivons pas à redynamiser la banque et obtenir le niveau de financement propre exigé pour rembourser nos dettes dans un laps de temps raisonnable, nous perdrons le contrôle de la banque».
Les intérêts des nouveaux instruments émis dépendront des profits générés par la banque et BMPS pourrait devoir émettre des nouvelles actions ordinaires d’un montant correspondant aux intérêts non payés. Or, compte tenu des pertes que la banque devrait encaisser sur l’année 2012, l’entrée de l’Etat italien, lui-même en difficulté, à son capital à un niveau maximum estimé à 11% «est vraisemblable», commente Aurel BGC.
Une assemblée générale extraordinaire est prévue les 9 et 10 octobre pour valider le renforcement du capital de la banque d’un milliard d’euros, soit à travers une augmentation de capital, soit par une émission de Cocos.
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