Le Danemark s’inquiète de la refonte du calcul des risques pondérés

Le secteur bancaire craint de «sévères conséquences» sur les niveaux de capital des banques, dont la qualité des prêts ne serait pas prise en compte.
Julien Beauvieux

Le lobby bancaire poursuit son offensive contre la réforme du calcul des encours de risques pondérés (RWA). Alors que le Comité de Bâle doit rendre d’ici la fin de l’année sa copie concernant le futur «floor» de capitaux réglementaires pour les banques utilisant un modèle interne de pondération, l’Association bancaire danoise est montée au créneau pour dénoncer un mécanisme coûteux et potentiellement contre-productif.

«[Les banques] devraient pouvoir bénéficier du fait d’avoir des portefeuilles de prêts très sûrs», a déclaré à Bloomberg Michael Friis, responsable de la réglementation prudentielle au sein de l’association. «C’est un sujet très important qui peut avoir de sévères conséquences sur les niveaux de capitalisation des banques nordiques», a-t-il averti.

Montrés du doigt en raison des possibles erreurs ou des sous-estimations des actifs pondérés en risque, les modèles internes des banques sont au cœur des préoccupations des régulateurs. Outre le Comité de Bâle, qui doit aussi publier d’ici à la fin 2015 un recalibrage du modèle standard utilisé par les plus petits établissements, la BCE se prépare de son côté à lancer une revue des pratiques des établissements qu’elle supervise.

Pour le Danemark, le sujet est particulièrement sensible car il pourrait avoir un impact significatif sur le fonctionnement du marché immobilier. Dopé par des taux de refinancement hypothécaire proches de zéro, l’immobilier à Copenhague est aujourd’hui 3% plus cher que lors du dernier pic de 2006. Parallèlement, les Danois affichent un endettement brut représentant environ trois fois leur revenu disponible, un record au sein des pays développés.

«Le système danois a traversé une crise et a été mis à l’épreuve, et nous avons toujours des niveaux de pertes très bas, (…) ce qui devrait se refléter dans les pondérations de risque», a souligné à Bloomberg Karsten Beltoft, le patron de la Fédération danoise des banques de crédit hypothécaire. Danske Bank, le premier établissement du pays, affichait ainsi au premier semestre un ratio de pertes sur crédit de 0,03%. La banque présentait à fin juin un ratio CET1 transitoire de 14,3%.

En 2010, l’industrie financière danoise avait obtenu gain de cause dans son combat contre une proposition du Comité de Bâle, qui souhaitait accorder un statut de liquidité moindre aux covered bonds notées «AAA» qu’aux obligations d’Etat.

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