Le Crédit Mutuel gagne des parts de marché dans les dépôts, stagne dans les crédits
Le groupe mutualiste affiche des résultats stables en 2012 malgré l’érosion des marges en banque de détail
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Amélie Laurin
Les 2,9 milliards de profits de 2010 sont encore loin, mais le Crédit Mutuel a publié hier un bénéfice stable en 2012, à 2,15 milliards d’euros (+0,2%). La tendance était la même chez le poids lourd du groupe, le pôle Est du CM11-CIC qui a annoncé ses résultats la semaine dernière. Arkéa, qui rassemble la Bretagne et deux autres fédérations, a en revanche vu ses profits reculer de 35% l’an dernier.
A l’échelle des 18 fédérations régionales, le produit net bancaire a progressé de 4,4%, à 14,57 milliards d’euros. L’assurance a porté l’activité, alors que la banque de détail a reculé de 4,15%. Pour expliquer l’érosion des marges, Alain Fradin, directeur général du Crédit Mutuel, dénonce «la centralisation de 35,5 milliards d’épargne à la Caisse des dépôts», via les livrets d’épargne réglementée, et le coût de rémunération des dépôts de «1,27%».
Pour autant, le groupe a continué à améliorer sa liquidité en abaissant son ratio de prêts sur dépôts de 9,9 points, à 125,1%. Il atteignait encore 151% il y a cinq ans. La collecte d’épargne s’est accélérée l’année dernière, avec notamment des dépôts en hausse de 9,2% (274,3 milliards d’euros). Les encours de crédit ont de nouveau progressé de 1,5% seulement, à 343 milliards d’euros. Si les prêts à l’habitat sont restés stables, les lignes de trésorerie ont chuté de 12,4% en raison du ralentissement de l’activité des entreprises, selon le groupe bancaire. Cette dynamique impacte ses parts de marché en France. En six ans, elles sont passées de 12,4 à 15% sur les dépôts, alors que le poids du Crédit Mutuel est resté quasi stable dans les crédits, passant de 16,9% à 17,1%.
Le périmètre du groupe a continué à évoluer en 2012, grâce notamment au rachat de Citibank Belgique par le Crédit Mutuel Nord Europe. Ses 442.000 clients expliquent en bonne partie le gain de quelque 700.000 clients. «Nous avons passé le cap des 30 millions de clients, dont 28 millions de particuliers», pointe Alain Fradin. 11,4 millions d’entre eux sont au Crédit Mutuel, les autres au CIC, chez Cofidis ou encore chez Targobank en Allemagne et en Espagne. Malgré l’apport des 34 agences de Citibank Belgique, le nombre de points de vente n’a progressé que de 18, en net. «Notre plan de création d’agences est fait à 95%», justifie Alain Fradin qui concède la fermture de certains guichets en zone rurale et au CIC.
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