Le Crédit Mutuel fait le choix d’un réseau de proximité
Alors que la Société Générale a décidé de fermer 600 agencesen France d’ici 2023, le Crédit Mutuel Alliance Fédéralen’envisage pas de réduire la voilure à un tel horizon. «Nous ne croyons pas au digital only. Le nombre de rendez-vous augmente, y compris physiques», a souligné Nicolas Théry, président du Crédit Mutuel Alliance Fédérale, lors d’une conférence de presse sur la révision du plan stratégique 2019-2023 du groupe coopératif.
«Nous sommes sur une logique de légère évaporation de l’ordre de 1% par an de nos points de vente, notamment dans les zones urbaines très denses où il y a des regroupements possibles. De leur côté, les mutualisations conduisent à des déplacements d’effectifs», a-t-il ajouté. Le groupe, qui compte 4.000 agences, fait «le choix d’un réseau de proximité. Crédit Mutuel et CIC sont deux marques fortes. Nous ne regrouperons jamais une caisse de Crédit Mutuel et une agence CIC», a précisé le directeur général du Crédit Mutuel Alliance Fédérale, Daniel Baal.
Durant la pandémie, le groupe mutualiste a constaté une croissance de l’«intensité relationnelle» avec ses clients, observant une augmentation 14% d’appels entrants et de 7% des rendez-vous physiques, téléphoniques et vidéos. En septembre, la banque a lancé une fonctionnalité de rendez-vous vidéo. Elle en revendique désormais 10.000 par mois. «Il n’y a pas d’effet de cannibalisation sur les autres contacts téléphoniques ou physiques», souligne Nicolas Théry. L’an prochain, le groupe espère passer le cap des 100.000 rendez-vous vidéo.
Bientôt un partenariat avec Bouygues Telecom
Dans le cadre de son plan stratégique, le Crédit Mutuel désire par ailleurs «aller plus loin» dans l’innovation. Quatre ans après avoir industrialisé l’intelligence artificielle, la banque a gagné 600 équivalents temps plein, ainsi que 300 équivalents temps plein grâce à la reconnaissance visuelle des caractères. Le groupe, qui a de «fortes ambitions» dans le domaine de la téléphonie mobile, va bientôt nouer un partenariat avec Bouygues Telecom. Il cherche aussi à nouer des partenariats dans la télésurveillance, ainsi qu’à renforcer sa collaboration avec l’European Payments Initiative (EPI) et avec l’initiative Lyf Pay.
La banque qui avait déterminé, il y a un an, un objectif de réduction de son empreinte carbone de 30% dans le cadre de son plan stratégique, s’est également fixé un objectif de décarbonation de son portefeuille corporate, assurance et gestion d’actifs de 15% d’ici 2023, en ligne avec l’Accord de Paris.
En 2021, le Crédit Mutuel Alliance Fédérale veut par ailleurs renforcer sa présence en Allemagne, via sa filiale TargoBank, ainsi qu’en Belgique pour y développer ses activités d’assurance.
Le Crédit Mutuel Alliance Fédérale ambitionne de retrouver «au plus tard» en 2023 le niveau «record» de 2019, tablant sur un PNB de 14,6 milliards d’euros et un résultat net de 3,1 milliards d’euros. Pour l’heure, «nous devons démontrer notre capacité à surmonter les chocs liés à la montée des risques. Pour l’instant ils sont bien maîtrisés mais nous savons que 2021 sera une année difficile. Nous devons nous y préparer», indique Nicolas Théry. A la fin de l’année, le groupe s’attend à avoir un coût du risque avéré et non avéré qui pourrait être deux fois plus élevé que les 462 millions de 2019. La progression de son coût du risque avéré en 2021 pourrait être compensée par une réduction du risque non avéré.
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