Le Crédit Mutuel est soumis à rude concurrence en Allemagne
Targobank retrouve le chemin de la croissance au prix de sacrifices. La filiale du Crédit Mutuel CIC en Allemagne, rebaptisée ainsi après le rachat des activités de crédit à la consommation de Citibank à l’été 2008, a réussi l’an dernier à inverser la tendance à la baisse des encours qu’elle avait connue l’année précédente. Mais cet effort commercial n’est pas sans incidence sur le niveau de marge et de profitabilité du prêteur.
En 2010, les encours de crédits de Targobank Allemagne avaient baissé de 572 millions d’euros. «Les nouvelles campagnes de marketing ont permis de redresser de manière notable la tendance depuis janvier 2011», précise la Banque Fédérative du Crédit Mutuel (BFCM), holding de contrôle de la banque, dans son document de référence publié la semaine dernière. A raison d’une production quotidienne de 10 millions d’euros de prêts personnels en moyenne (+20% sur un an), les encours nets sont remontés à 10 milliards d’euros fin 2011.
Il a fallu cependant attirer le chaland avec des taux de crédit suffisamment bas. Dans le même temps, Targobank s’est efforcée de capter des dépôts avec des rémunérations alléchantes. La filiale du Crédit Mutuel, qui a cherché à améliorer son ratio de crédit sur dépôts, se veut en effet totalement indépendante de sa maison mère française en matière de refinancement. «Pour cela, la banque a dû procéder à un pilotage fin de ses taux clients dans un environnement concurrentiel particulièrement rude», concède le groupe.
Cette double contrainte pesant sur les crédits et les dépôts se lit directement dans les comptes. Le produit net bancaire a baissé de 124 millions d’euros entre 2010 et 2011, à 1,34 milliard, soit -8,5%, «en raison notamment d’une baisse des taux d’intérêt aux clients (campagnes promotionnelles) et d’une hausse du coût des ressources». Targobank a malgré tout réussi à afficher un résultat net en hausse de 32% sur un an à 264 millions d’euros, grâce à la baisse des frais généraux (-117 millions) et du coût du risque (-101 millions).
«S’agissant de l’exercice en cours, l’objectif consiste à poursuivre le développement du portefeuille de prêts personnels et d’augmenter le PNB en 2012», précise la BFCM. Les synergies avec le reste du groupe commencent aussi à se mettre en place, Targobank ayant vendu pour la première fois outre-Rhin en 2011 un emprunt BFCM.
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